Moché contemplant la Terre d’Israël depuis une montagne au coucher du soleil, illustration de la Paracha Zot Haberakha et de sa vision prophétique.

ZOT HABERAKHA

Ce commentaire explore la manière dont Moché a pu contempler toute la terre d’Israël ainsi que son histoire future dans une vision prophétique. À travers des enseignements du Zohar et de la Kabbale, il montre que la prophétie n’est pas seulement une idée abstraite, mais une perception spirituelle réelle, rendue possible lorsque l’âme se détache des limites du monde matériel. Le texte met ainsi en lumière la grandeur de la prophétie, la puissance de l’âme humaine et le lien entre vision intérieure, imagination sanctifiée et révélation divine.

Auteur : Beth Chelomo

Date : 23 septembre 2026

Sommaire :

  • D.ieu montre à Moché toute la terre d’Israël, ainsi que son devenir futur.
  • Le commentaire s’interroge sur la nature même de cette vision prophétique.
  • Un passage du Zohar illustre le niveau spirituel exceptionnel de Rabbi Éléazar.
  • Les Justes peuvent percevoir des réalités cachées du passé, du présent et de l’avenir.
  • Selon le Ramak, l’âme humaine a le potentiel de connaître toute la réalité.
  • La matérialité du corps constitue un voile qui limite cette perception spirituelle.
  • La vraie vision ne dépend pas seulement des yeux physiques, mais d’un intellect relié à l’âme.
  • Certains niveaux de prophétie peuvent se manifester de façon concrète dans les sens humains.
  • Rabbi ‘Haïm Vital explique comment la lumière spirituelle descend jusqu’à l’imagination sanctifiée.
  • Le texte souligne la grandeur du potentiel spirituel de l’homme, lorsqu’il s’élève vers la sainteté.

ZOT HABRAKHA 1.1 prophetie

Au cœur de la prophétie

וַיַּרְאֵהוּ יְהֹוָה אֶת כָּל הָאָרֶץ אֶת הַגִּלְעָד עַד דָּן

« L’Eternel lui montra tout le pays, le Guilaad jusqu’à Dan. » (דברים לד, א)

Rachi explique que D.ieu montra à Moché tout le pays d’Israël lorsqu’il sera dans la paix, mais Il lui montra aussi ses futurs oppresseurs. Ainsi Hakadoch Baroukh Hou lui dévoila, par une vision prophétique toute l’étendue de la terre d’Israël, bien qu’il se trouvât à l’extérieur de celle-ci.

Comment D.ieu a-t-Il montré la totalité de la terre d’Israël ainsi que son histoire future ?

Commençons par introduire un passage redoutable du Zohar Hakadoch. Il y est rapporté qu’un jour, Rabbi Éléazar, accompagné de Rabbi Aba et d’autres compagnons de l’assemblée des Sages, partirent en chemin. Alors que le soleil était à son zénith, ils décidèrent de se reposer. Ils s’arrêtèrent dans une clairière magnifique, où la végétation bourgeonnait, de nombreux arbres offraient de l’ombre, et des petites cascades d’eau jaillissaient de toutes parts. Rabbi Éléazar fit la louange de cet endroit merveilleux, propice au repos. Alors qu’ils étaient paisiblement installés, apparu soudain un très grand serpent, qui passa devant eux avec détermination. Rabbi Éléazar interpella le serpent et lui dit : « Serpent, serpent, rebrousse ton chemin, car l’homme que le Ciel t’a enjoint de tuer s’est repenti, il regrette sa faute, et ne la recommettra plus ! » Les Sages qui l’accompagnaient furent stupéfaits de le voir dialoguer ainsi avec le serpent. Rabbi Aba lui demanda : « qu’est-ce que cela signifie ? » Et Rabbi Éléazar répondit : « gardez le silence pour l’instant et je vous expliquerai plus tard. » Puis il reprit : « Serpent, serpent, rebrousse ton chemin, car l’homme que le Ciel t’a enjoint de tuer s’est repenti … Retourne ! » Le serpent s’immobilisa, hésitant à poursuivre sa route. Rabbi Eléazar insista : « Serpent, serpent, je sais ce que tu cherches. Retourne d’où tu viens, car un non-juif malfaisant, ayant opprimé injustement un juif, dort à présent dans ta grotte. Va, et tue-le ! » Le serpent fit aussitôt demi-tour, évitant soigneusement chacun des Sages. Rabbi Eléazar expliqua qu’il avait pour mission d’exécuter une sentence céleste envers un juif condamné à mort par le Ciel pour une faute grave. Cependant, cet homme s’étant repenti, le décret fut levé. Le serpent, dès lors, devait accomplir sa mission autrement, car jamais il ne retourne sans avoir accompli ce qui lui a été ordonné. Les Sages demandèrent : « Comment savais-tu cela à propos d’un homme que tu ne connais pas et qui n’est même pas présent ici ? » note Il répondit : « Mon père, Rabbi Chimon, m’a transmis un signe. Lorsqu’un serpent se déplace à la hâte, avec ses écailles dressées et la queue redressée, cela signifie qu’il est en mission pour tuer. Mais un souffle céleste s’est opposé à lui, lui ordonnant de rebrousser chemin, car le pécheur s’était repenti. Or, le serpent reflet ici-bas du serpent originel spirituel ne renonce jamais à sa mission tant qu’un substitut équivalent ne lui est pas désigné. » Les Sages demandèrent : « Et comment as-tu su pour ce non-juif malfaisant ? » Il répondit : « Je l’ai entendu du souffle céleste lui-même, qui orienta le serpent vers ce méchant. » Note Les Sages furent impressionnés du niveau qu’avait atteint Rabbi Éléazar. Ce dernier leur dit : « allons voir, car le serpent a déjà accompli ce qu’il devait accomplir. » Ils se levèrent et trouvèrent en effet le corps d’un homme, mort, dans la clairière. Le serpent était toujours enroulé autour de son talon. (זוהר חדש סו. סו:)

Note : Les Sages n’étaient pas étonnés que Rabbi Eléazar perçoive les fautes d’un individu se tenant devant lui, en effet il connaissait la sagesse de la hokhmat hapartsouf, où les transgressions s’impriment sur le front de l’homme, et deviennent lisibles pour les Justes. Rabbi ‘Haïm Vital, au nom de son maître le Ari Zal, enseigne que les actions de l’homme s’inscrivent sur chacun de ses membres, y compris sur les ongles… (שער רוח הקודש דף ג.)

Note : pourquoi le serpent n’a-t-il pas écouté le souffle céleste mais plutôt Rabbi Éléazar ? Nous pouvons expliquer que lorsqu’il y a une accusation dans les mondes supérieurs et que celle-ci se matérialise dans le monde ici-bas par un réceptacle, la défense spirituelle doit elle aussi se matérialiser par un réceptacle matériel pour contrer l’accusateur qui s’est également matérialisé, en l’occurrence dans notre histoire en serpent. C’est ainsi que Rabbi Éléazar a été choisi par le Tribunal Céleste pour recevoir le roua’h hakodech afin de matérialiser la défense de cet individu qui s’était repenti. C’est à partir de là que la défense put contrer l’accusation, chacun d’entre eux dotés d’une source spirituelle et d’un réceptacle matériel dans le monde ici-bas. Qui de mieux que Rabbi Éléazar au sujet duquel le Talmud témoigne qu’il faisait partie des rares personnes à avoir la capacité d’atténuer la stricte rigueur. (סוכה מה:)

Nous apprenons de ce passage que Rabbi Éléazar possédait la connaissance du passé, la conscience du présent et la perception de l’avenir concernant même des situations extérieures à lui.

Rabbi Moché Kordovéro זיע »א enseigne que l’âme humaine peut connaître toute la réalité car elle en fait intrinsèquement partie. De la même manière que l’homme est conscient de chaque partie de son corps, l’âme peut avoir conscience de toute la création, si elle se libère de l’enveloppe matérielle. En effet, chaque âme a le potentiel d’atteindre un tel niveau cependant l’âme est revêtue par la matérialité qui forme un obstacle à l’intellect qui est relié à l’âme et ne peut percevoir que par l’intermédiaire du corps qui est son lieu de résidence. Cependant les Justes dont l’âme n’est pas prisonnière par la matérialité et qui sont constamment reliés à une spiritualité supérieure, ont accès à la conscience et à la connaissance de chaque petit détail de la réalité de la création. C’était le cas de Rabbi Éléazar qui était attaché à un niveau spirituel suprême et la totalité du monde était devant lui comme son propre corps et c’est la raison pour laquelle il savait tout ce qui se passait dans le monde. (רמ »ק שם)

Le Mékoubal Rabbi Daniel Frish זיע »א dans son commentaire sur le Zohar Hakadoch nous invite à étudier ce passage en incitant chacun à faire confiance à la sainteté de son âme et à son potentiel. (מתוק מדבש זוהר חדש סו. סו:)

Est-ce que la prophétie se matérialise par une vision passant par l’imagination et la pensée ou est-ce une vision concrète par le sens de la vue ?

Commençons par introduire une règle générale : celui qui vit ici-bas dans un corps fait de chair, de peau, d’os et de tendons, n’est pas véritablement « vivant » dans le sens spirituel du terme. En effet qu’est-ce que la mort ? De la même manière qu’un mort ne peut ni voir, ni entendre, ni parler, ni interagir avec son corps, ainsi en est-il de l’âme enfermée dans le corps matériel. Elle ne perçoit pas ce qui est au-dessus d’elle, car la chair constitue un écran. C’est à ce propos que les Sages enseignent : « Sache qu’il y a au-dessus de toi un œil qui voit, une oreille qui entend, et que toutes tes actions sont inscrites dans le livre. » (אבות ב, ד)

Ainsi l’accès à la conscience véritable Note et à la connaissance authentique ne se fait pas par les yeux de chair et de sang, mais par l’intellect. Seuls les Justes peuvent réellement « voir » avec leurs yeux physiques. (זוהר ויחי רכז:)

Note : qu’est-ce que la conscience véritable ? La conscience véritable correspond au troisième niveau de conscience : le daat. Le premier niveau de conscience est celui qui appartient à tout homme lorsqu’il est en état d’éveil et discerne les éléments de la création qui l’entoure. C’est lorsque l’homme est en état de sommeil qu’il perd ce discernement. Le subconscient est en état d’éveille de façon permanente. Il gère les fonctions vitales du corps durant le sommeil et il est une base de données de tous les souvenirs de l’homme depuis sa naissance, qu’ils soient d’ordre intellectuels ou sensoriels. La conscience suprême est une liaison directe entre le daat inférieur et le daat supérieur qui donne accès à un niveau de discernement qui dépasse l’entendement humain. Peu nombreux sont les êtres humains qui y accèdent.

En effet, il est rapporté dans un autre passage du Zohar Hakadoch que depuis le jour où Rabbi Chimon est sorti de la grotte, les secrets de la Torah ne furent plus dissimulés à ses compagnons. (זוהר ויחי רטז:) En effet, Ils étudiaient la sagesse des mondes supérieurs et les contemplaient de leurs propres yeux. (זוהר חמה שם)

Il en ressort qu’il est possible de voir à proprement parler des réalités spirituelles très élevées.

Note : en effet, le Idra Raba rapporte un témoignage édifiant à propos de Rabbi ‘Hezkia, membre de la ‘Hevraya Kadicha , c’est-à-dire des Sages qui accompagnaient Rabbi Chimon bar Yo’haï. Il eut le mérite de voir le second tikoun de la barbe de Arikh. Et lui-même n’ayant pas compris ce qu’il avait vu se demanda : « quel est le sens de ce que je viens de voir ? » il lui a été répondu : « tu as vu la source du deuxième tikoun de la barbe de Arikh qui est appelé נושא עון. (זוהר נשא קלב:) il s’agit de ce que l’on appelle en langage kabbalistique la cinquième Partsouf, extrêmement élevée, c’est une émanation directe de la lumière divine. Pour celui qui prend conscience et comprend ces choses, face à la dimension à laquelle a pu accéder Rabbi ‘Hezkia, nous ne pouvons que rester sans mot face au potentiel de chaque juif ! Bien sûr a fortiori pour Rabbi Chimon bar Yo’haï qui eut accès aux Partsoufim et aux sephirot comme il le déclare lui-même : « j’ai vu comment toutes les Partsoufim des mondes supérieurs revêtaient leurs lumières dans les mondes qui leur sont inférieurs et j’ai également vu comment par les transgressions des êtres mortels, les klipot et les ‘hitsonim qui se trouvent ici-bas pouvaient s’élever dans les mondes supérieurs pour avoir une emprise. (זוהר נשא קמג.)

C’est dans ce sens qu’il est rapporté dans le Tikouné Zohar que lorsqu’un prophète prédit en état d’éveil, avec les yeux ouverts, sa vision est bien plus claire et limpide que celle reçue en rêve. (ע’ תיקוני זוהר יח דף לא:)

Comment comprendre qu’une vision prophétique dont l’origine est une lumière divine qui dépasse le cadre de l’entendement humain, peut se matérialiser dans les sens physiques d’un être mortel ?

Rabbi ‘Haïm Vital זיע »א explique ce mystère dans ses écrits : « Ce que rapportent les livres sur la prophétie et la sainteté n’implique pas une sortie réelle de l’âme hors du corps, comme durant le sommeil, note auquel cas il s’agirait d’un rêve, non d’une prophétie. note La présence du roua’h hakodech se produit alors que l’âme est encore dans le corps, lorsque l’individu est en état d’éveil. L’homme doit se détacher totalement de toutes ses pensées matérielles. Sa force imaginative, issue de l’âme vitale, cesse de produire des images terrestres, comme si son âme était sortie, bien qu’elle soit toujours là. Alors, la force de l’imagination transforme les pensées en images spirituelles, représentant les mondes supérieurs. L’homme s’élève, de degré en degré, jusqu’à sa source. note Et les lumières supérieures s’impriment dans sa pensée comme s’il les voyait réellement, selon son imagination.

Il se concentre pour faire descendre la lumière des dix Sephirot Note, depuis la racine de son âme, et la transmet de monde en monde jusqu’à ce que celle-ci atteigne son âme intellectuelle note, puis son âme vitale, puis la force imaginative. Ces idées prennent alors une forme matérielle, accessible à ses sens. Il peut même voir un ange ou entendre une voix, percevoir ces choses par ses cinq sens. 6note Ainsi s’accomplit : « L’esprit de l’Éternel a parlé en moi, Sa parole était sur ma langue. » (שמואל ב כג, ב)

À présent Rabbi ‘Haïm Vital explique une autre notion : « Parfois, la prophétie ne se manifeste que dans les cinq sens spirituels de la force imaginative. Elle fonctionne alors comme un rêve : l’âme intellectuelle s’élève, contemple, perçoit, redescend et transmet la lumière à la mémoire, qui relève également de l’âme vitale. Ainsi, la notion de prophétie et celle de rêve sont clairement expliquées : l’une se produit tandis que l’âme est encore dans le corps, l’autre après qu’elle en soit sortie.» (שערי קדושה חלק ג שער ה)

1 Note : en effet sache que durant le sommeil, les deux parties supérieures de l’âme quittent le corps, le roua’h et la néchama, tandis que le néfech demeure pour assurer les fonctions vitales. Le Midrach enseigne que l’âme remplit tout le corps, et qu’au moment du sommeil, elle monte pour puiser sa vitalité dans les mondes supérieurs. (בראשית רבה יד, ט) Sache, bien que la halakha ne considère pas le sommeil comme une mitsva en soi, mais plutôt comme un moyen permettant de servir D.ieu efficacement (au même titre que la nourriture) (ע’ ש »ע או »ח רלא, א) selon la Kabbale, le sommeil est une mitsva en tant que telle. Il permet d’effectuer des réparations très élevées dans les mondes supérieurs, ainsi que l’explique le Ari Zal. (שער הכוונות דרוש לילה ד דף נג ע »ד) Le Rachach va dans ce sens (ע’ נהר שלום כ. כג. מה ע »ד et le Ben Ish ‘Haï tranche que l’homme doit dormir non seulement pour le corps, mais pour l’élévation de son âme. Il doit avoir l’intention de servir son Créateur, conformément au verset : « Dans toutes tes voies, connais-Le. » (משלי ג, ו) C’est la raison pour laquelle les Sages ont institué une bénédiction sur le sommeil. (בא »ח על פקודי שנה א אות ח) Nos maîtres les Mékoubalim s’appuient sur les enseignements du Zohar Hakadoch. (זוהר ואתחנן רסא: – זוהר חדש צ:) c’est dans ce sens que le Ari Zal explique que celui qui ne dort pas perd le renouveau de la vitalité de son âme et sa part dans le zivoug elione du soir. (ע’ עץ חיים שער כט פרק ג) Il s’agit ici du secret de l’ascension de la néchama durant le sommeil dans les mondes supérieurs comme il est rapporté dans le Zohar Hakadoch. (ע’ זוהר שלח לך קסא עד קעד – זוהר חדש לה:) Ce sujet est de première importance pour les initiés et il concerne chaque âme juive. Consulter les secrets du sommeil dans notre prochain volume de Berechit.

2 Note : Nos Sages ont enseigné que le rêve représente 1/60 de la prophétie. Ainsi, celui qui se réveille avec un verset biblique sur les lèvres a fait l’expérience d’une petite prophétie. ברכות נז:)) Ainsi le roua’h hakodech est lié avec les rêves que nous avons pendant le sommeil. Parallèlement Il est également dit au nom de Rabbi Yonatan qu’on ne montre à l’homme dans son rêve que les pensées de son cœur. ברכות נה:)) Consulter le secret des rêves qui sera développé dans le prochain volume de Berechit dans nos éditions Tsror Ha’haïm.

3 Note : la force de l’imagination est durement abordée dans nos livres sacrés de morale juive. En effet, nos grands penseurs lorsqu’ils traitent de ce sujet selon son sens simple, font part de leur crainte au sujet de l’imagination qui est une arme absolue pour le mauvais penchant qui l’utilise pour faire miroiter, appâter et attirer dans son piège les âmes de sainteté du peuple juif en espérant développer ainsi son appétit dans les plaisirs futiles de ce monde. Cependant, selon la kabbale qui avant d’être étudiée et mise en pratique nécessite un repentir parfait et le retrait de tout penchant au mal, la force de l’imagination est une arme absolue du côté de la sainteté pour pouvoir appliquer les kavanot qui sont fondamentales à la réparation de l’homme et de la création.

4 Note : en effet il faudra imaginer une élévation depuis les sephirot inférieures à celles qui leur sont supérieures c’est-à-dire depuis la Malkhout, Yessod, Hod, Netsa’h, Tiferet, Guevoura, ‘Hessed, Bina, ‘Hokhma et Keter puis de Partsouf en Partsouf c’est-à-dire depuis Nokba, Zair Anpin, Tevouna, Israel Saba, Ima, Aba, Arikh et Atik puis de monde en monde en passant par Assia, Yetsira, Bria et Atsilout jusqu’à Adam Hakdmon réceptacle originel où se trouve la lumière sans fin de Hakadoch Baroukh Hou. C’est toujours par la force de l’imagination que nous ferons descendre la lumière divine à travers toutes ces étapes dans le sens inverse c’est-à-dire depuis Adam Hakdmon du monde de Atsilout jusqu’à la sephira de Malkhout du monde de Assia où se trouvent les êtres mortels.

Note l’âme intellectuelle, c’est-à-dire le nefech cikhli est la partie positive et supérieur du nefech qui relié au bon penchant. ע’ זוהר פנחס רכד:))  Il correspond à « l’âme vivante » originelle d’Adam Harrison, conçu à partir de la terre supérieure et des quatre éléments fondamentaux supérieurs. Parallèlement, l’âme animal, c’est-à-dire le nefech béhémi est la partie négative et inférieure du néfech qui est relié au mauvais penchant à l’intérieur de l’homme et ceci constitue la souillure du serpent originel depuis la transgression de la consommation de l’arbre de la connaissance du bien du mal. Ceci constitue le secret du verset : « l’esprit de l’homme qui s’élève… et l’esprit de l’animal qui descend vers la Terre. » קהלת ג, כא)) Cependant le côté positif et négatif dont on parle ici ne sont pas le nefech lui-même, mais les forces du nefech. De plus la description que nous venons d’apporter ne constitue pas la totalité du nefech, mais seulement une partie. ע’ עץ חיים שער נ פרק ז)) consulter les ouvrages du parcours de l’âme durant la vie qui détaillent ce sujet.

6 note : Les sens sont reliés directement à l’âme. Ce ne sont pas les yeux qui voient, ni les oreilles qui entendent ce ne sont que des réceptacles matériels de facultés spirituelles appartenant à l’âme.

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Si les enseignements que nous venons d’évoquer pouvaient s’appliquer aisément à Rabbi Chimon bar Yo’haï et à son fils Rabbi Éléazar, à plus forte raison pouvaient-ils s’appliquer à Moché Rabbénou qui était le plus grand de tous les prophètes. Mais ces enseignements sont-ils applicables à notre époque ? Peut-on encore accéder à la prophétie ou au roua’h hakodech aujourd’hui ?

 

Rabbi Pin’has ben Yaïr a enseigné : la Torah mène à la prudence, la prudence au zèle, le zèle à la propreté, la propreté à l’ascèse, l’ascèse à la pureté, la pureté à la piété, la piété à l’humilité, l’humilité à la crainte, la crainte à la sainteté, la sainteté à l’esprit de prophétie. (עבודה זרה כ:)

Ainsi, tout celui qui s’investit dans la Torah pour l’amour du Ciel, et gravit les degrés jusqu’à la kédoucha, devient un réceptacle apte à recevoir le roua’h hakodech peu importe l’époque.

Nous en avons une preuve édifiante à travers le témoignage de Rabbi ‘Haïm Vital à propos de son maître le Ari Zal il y a un peu moins de 500 ans : « Il était rempli de Torah comme la grenade, maîtrisant l’Écriture du Tanakh, de la Michna, du Talmud, du Midrach, de la Hagada, saisissant le Maassé Béréchit et le Maassé Merkava. Expert dans le langage des arbres et des végétaux, des oiseaux, des anges. Il connaissait toutes les actions passées de celui qui se présentait devant lui ainsi que toutes celles qu’il n’avait pas encore accomplies. Il connaissait les pensées de ce dernier avant même qu’elles n’apparaissent dans son esprit. Il parlait aux rou’hot, bons comme mauvais, qui s’étaient réincarnés. Il pouvait déterminer les actions des hommes, en fonction de l’odeur de leurs vêtements. Il pouvait faire sortir la néchama du corps d’un homme alors qu’il était encore vivant pour parler avec son âme, sachant quels étaient ses besoins et ses désirs. Il voyait les âmes lorsqu’elles sortaient du corps ainsi que les âmes qui s’élevaient du cimetière pour aller au Jardin d’Eden, à chaque veille de Chabbat. Il parlait aux âmes des Justes qui se trouvaient dans le monde d’en Haut, qui lui dévoilaient les secrets de la Torah. Il connaissait également la sagesse des traits du visage et des lignes de la main, maîtrisait l’interprétation des rêves de façon authentique et discernait entre les vieilles et les nouvelles réincarnations. Il connaissait la pensée des hommes à partir de leur front et pouvait leur dire de quoi ils avaient rêvé. Il expliquait la nature de l’âme de chacun et pouvait lire sur le front les mérites et les fautes auxquelles l’homme pensait. Il donnait à chacun une réparation pour les fautes commises afin de rectifier les dommages causés dans la racine de leur âme, qui est directement reliée à Adam Harichon. Il savait automatiquement combien d’erreurs pouvaient contenir un livre et maîtrisait la manière de frapper par san’vérim. Il savait ce que ses compagnons avaient étudié en son absence et tout ceci n’a pas été accessible à mon maître par l’intermédiaire de la kabbala maassit, que D.ieu préserve ! Il était rempli de piété et de savoir-vivre, d’humilité et de crainte de D.ieu, d’amour de l’Eternel et de crainte de la faute. Toutes ces sagesses étaient constamment à sa disposition, à chaque heure et à chaque instant, lorsqu’il le souhaitait, et mes yeux l’ont vu ! Mon maître a pu acquérir toutes ces dimensions, dans sa grande piété et dans sa grande ascèse, après s’être affairé durant de longues périodes dans des vieux livres traitant de la sagesse authentique, et il y a ajouté sa piété, son abstinence, sa pureté, sa kédoucha qui lui permirent d’accéder au roua’h hakodech. Eliahou Hanavi se dévoilait à lui constamment… » (הקדמה עץ חיים)

Si tu n’arrives pas à concevoir que cette dimension soit accessible, sous prétexte que le Ari Zal vécut « il y a cinq siècles », alors songe au Mekoubal Rabbi Yehouda Petaya, décédé en 1942 après s’être assuré que les nazis n’entreraient jamais sur la terre sainte d’Israël. Ainsi il témoigne des visions qu’il a eu le mérite d’avoir : « Tous les Justes des générations précédentes venaient me parler, et je les voyais de mes yeux. » (רוחות מספרות דף קב)

Ceci nous permet également de comprendre l’histoire incroyable du Rav Abou’hatsira qui habitait dans la ville d’Ashdod dans les années 90. Il n’avait jamais quitté sa ville ni même son quartier. Un jour il fut sollicité car une petite fille israélienne avait été kidnappée en Angleterre et après des mois de recherches les services de police anglaise et les services de renseignement israélien n’ont pas réussi à retrouver la jeune fille. Il prit un papier et décrivit à la famille le nom de la ville, le nom de la rue, le numéro d’appartement et la pièce dans laquelle était enfermée cette petite fille, dans les moindres détails. À la stupéfaction de la famille, les services de police retrouvèrent leur fille à l’endroit précis indiqué par le saint homme alors qu’il n’avait jamais été en Angleterre !

Même à notre époque, il existe des Justes, des hommes et des femmes de sainteté et de sagesse, capables d’accéder à des niveaux de vision spirituelle dépassant l’entendement humain. Heureuse est la part d’Israël ! De génération en génération, des Justes tracent le chemin, s’élèvent, et nous éclairent. L’Éternel ne nous a jamais abandonnés, et Il suscite à chaque époque des lanternes pour illuminer notre obscurité.

Note : Ce que nous avons exposé ici n’est qu’une présentation générale des mécanismes de la prophétie. Il existe en réalité une infinité de niveaux et de nuances. La prophétie peut venir directement d’Hakadoch Baroukh Hou, en paroles immédiates comme pour Moché Rabbénou, ou de manière indirecte, par l’arrière c’est-à-dire le dos d’Hakadoch Baroukh Hou. Le roua’h hakodech, lui, se manifeste par l’intermédiaire de la Présence Divine et son niveau le plus élevé fut atteint par le roi David. Il était au roua’h hakodech ce qu’était Moché pour la prophétie. L’intensité de l’émanation va dépendre de la sephira par laquelle elle va passer. (ע’ שער רוח הקודש דרוש א) Ces révélations peuvent se produire par différents canaux (vision, voix, rêve, ange, âme, etc.), en état d’éveil ou de sommeil, de façon claire ou allusive. Elles concernent également les femmes, comme l’atteste Rachi, Sarah avait un plus grand niveau prophétie qu’Avraham. (רש »י בראשית כא, יב) C’est dans ce sens qu’il est rapporté dans le Talmud que le peuple juif a eu sept prophétesses : Sarah, Myriam, Déborah, ‘Hana, Abigaël, ‘Houlda et Esther (מגילה יד.) et cela s’applique également dans une certaine mesure pour les enfants comme il est rapporté dans le Zohar à propos du jeune enfant prodige qui dévoila des secrets des mondes supérieurs à Rabbi Yessa qui l’embrassa. (זוהר נח ע.) ou encore du jeune enfant prodige qui était en mesure d’expliquer la vision prophétique d’Ézéchiel. (חגיגה יג.) Cela dépendra également de la capacité du réceptacle à recevoir, c’est-à-dire nous les hommes en fonction de notre caractère, notre crainte de D.ieu, de nos bonnes actions et de notre étude au Nom du Ciel ainsi que de la racine originelle de notre âme. Chaque juif, homme femme comme enfant sur lequel repose la Chekhina est un réceptacle potentiellement capable d’accueillir le roua’h hakodech.