ahare mot

A’HARE MOT

À travers les deux boucs de Yom Kippour, la paracha A’haré Mot dévoile une vision profonde du libre arbitre humain. L’un est « pour l’Éternel », l’autre « pour Azazel » : deux voies, deux destinées, deux manières de sanctifier le Nom divin. Toute la création est appelée à révéler la gloire de D.ieu, mais le peuple d’Israël a le privilège et la responsabilité de le faire par l’étude, les mitsvot et la fidélité à l’Alliance.

Auteur : Beth Chelomo

Date : 23 avril 2026

Sommaire :

  • La paracha présente le mystère des deux boucs de Yom Kippour : l’un offert à Hachem, l’autre envoyé à Azazel.
  • Les commentateurs expliquent que ces deux boucs symbolisent deux dynamiques spirituelles opposées.
  • Le bouc « pour l’Éternel » représente Yaacov, la Torah, la pureté et le rapprochement avec D.ieu.
  • Le bouc « pour Azazel » renvoie à Essav, au mauvais penchant et à la rigueur.
  • Les fautes d’Israël sont ainsi repoussées et neutralisées dans un processus d’expiation.
  • Les deux boucs identiques rappellent que l’homme possède un véritable libre arbitre.
  • Chaque être humain peut choisir la voie de la sainteté ou, à l’inverse, une voie de chute.
  • Mais en définitive, toute la création sert la gloire divine, d’une manière ou d’une autre.
  • Le peuple d’Israël est appelé à sanctifier le Nom de D.ieu par la Torah et les mitsvot.
  • Le message final est d’aspirer à être toute sa vie un « bouc pour l’Éternel ».

« ולקח את שני השעירים והעמיד אותם לפני ה’… »

« Il prendra les deux boucs et il les fera tenir devant l’Eternel… » (ויקרא טז, ז)

Il est rapporté dans l’Ecriture : « Aharon mettra sur les deux boucs des sorts : un sort pour l’Eternel, et un sort pour Azazel. Aharon approchera le bouc sur lequel est tombé le sort « pour l’Eternel » et en fera une offrande d’expiation. Le bouc sur lequel est tombé le sort « pour Azazel » sera présenté vivant devant l’Eternel pour faire expiation pour lui, l’envoyer à Azazel vers le désert. » (ויקרא טו, ח – י)

Rachi explique au nom du Talmud que Azazel est une montagne abrupte et escarpée, un rocher élevé. (יומא סז:)

Les Sages nous enseignent que c’était un très grand mérite pour Israël lorsque le Cohen gadol procédait au tirage au sort « pour l’Eternel » et tombait précisément sur le bouc qui se trouvait à sa droite. Il est ainsi rapporté : durant les 40 ans où Chimon hatsadik effectuait le service divin au Temple, le sort tombait toujours à sa droite. Par la suite le sort tombait parfois à droite et parfois à gauche. Durant les 40 ans avant la destruction du Temple le sort n’est plus jamais tombé à droite. (יומא לט.)

Quel est le sens de ce commandement mystique ?

Le « פרדס יוסף » explique que le service divin consistant à envoyer un bouc pour Azazel en le précipitant d’une falaise servait à repousser les fautes qui endommagèrent le peuple d’Israël. C’est la raison pour laquelle il n’est pas appelé un sacrifice pour l’Eternel mais il sera : « envoyé à Azazel vers le désert. » (ויקרא טו, י) Concernant le service divin du bouc pour l’Eternel, il consistait à rapprocher les enfants d’Israël de leur Père Céleste en tant que sacrifice pour l’Eternel. En effet, les transgressions sont comparables à un écran qui s’oppose entre le peuple juif et Hakadoch Baroukh Hou, comme il est écrit : « vos méfaits ont mis une barrière entre vous et votre D.ieu. » (ישעיה נט, ב) Ainsi, ce sacrifice pour l’Eternel expiait les fautes d’Israël comme il est écrit : « Il égorgea le bouc de l’offrande d’expiation qui est au peuple… Il fera expiation pour le sanctuaire des impuretés des enfants d’Israël, de leur faute et de tous leurs péchés. » (ויקרא טו, טז)

Le Gaon, Rabbi de Kamarna זצ »ל enseigne une allusion extraordinaire au nom de Rabbi Moché Lev זצ »ל dans son ouvrage le « היכל הברכה » : les lettres du terme Azazel = עזאזל sont les initiales dans le désordre du verset (קהלת ז, יד) :

L’un = זה

Par rapport = לעומת

À l’autre = זה

Les a faits = עשה

D.ieu =  אלהים

Quel est le rapport entre le bouc de Azazel = עזאזל et les paroles du roi Salomon rapporté dans l’Ecriture ?

Commençons par introduire l’enseignement lumineux du « עקידת יצחק » qui explique la raison pour laquelle Hakadoch Baroukh Hou a ordonné d’apporter le jour de Yom Kipour deux boucs, un bouc pour l’Eternel et un bouc pour Azazel. En effet, ces derniers correspondent à Yaacov et Essav qui étaient frères jumeaux. Yaacov notre patriarche est le symbole du « bouc pour l’Eternel » tandis qu’Essav symbolise « le bouc pour Azazel ».

(עקידת יצחק שער סג ד »ה ועוד יתכן)

Il est rapporté dans le Midrach que Hakadoch Baroukh Hou prend toutes les fautes d’Israël pour les mettre à la charge de Essav le méchant comme il est écrit :

« ונשא השעיר עליו את כל עונתם »

« et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes. » (ויקרא טז, כב) A chaque fois qu’il a rapporté le terme de שעיר = bouc = séir il s’agit de Essav comme il est écrit :

« עשו אחי איש שעיר »                                                                                                                           « Essav mon frère est un homme velu = séir. » (בראשית כז, יא)

Alors, Essav se plaint : Comment pourrais-je endosser sur moi toutes les fautes de Yaacov mon frère ?

Prenant en considération sa plainte, Hakadoch Baroukh Hou saisit alors toutes les fautes pour les mettre sur ses vêtements. Suite à ce « transfert », ces derniers se colorent en rouge, comme il est écrit : « pourquoi cette couleur rouge à ton vêtement ? » (ישעיה סג, ב)

Essav s’assoit alors et les lave jusqu’à ce qu’ils deviennent de nouveau immaculés, comme il est écrit : « son vêtement avait la blancheur de la neige. » (ילקוט שמעוני אחרי מות רמז תקעו – דניאל ז, ט)

Le Maharal de Prague זצ »ל écrit : « Nous devons comprendre ; pourquoi toutes les fautes du peuple juif sont placées sur Essav dans un premier temps, puis sur son vêtement ? Il faut expliquer que les transgressions d’Israël proviennent du mauvais penchant qui combat avec le peuple juif. Essav et sa descendance incarne le mauvais penchant d’Israël et lorsque cette nation sera annulée dans le monde, alors le mauvais penchant d’Israël sera annulé également. Nous pouvons trouver une allusion à cela dans l’Ecriture, sur le verset : « עשו אחי איש שעיר »

« Essav mon frère est un homme velu = séir. » (בראשית כז, יא) le terme שעיר = séir a la même valeur numérique que le yetser hara = היצר הרע.

Il n’y a pas de doute que Yaacov et Essav incarnent le bon et le mauvais penchant pour ceux qui étudient la Torah cachée et c’est la raison pour laquelle Hakadoch Baroukh Hou remet les fautes de Yaacov sur Essav. En effet Yaacov est pur et saint par lui-même et toutes les fautes qui peuvent être commises proviennent de la tentation extérieure qui est le mauvais penchant ; c’est la raison pour laquelle les fautes sont transmises à Essav son frère. » (המהר »ל בדרוש שבת תשובה)

Ceci va dans le sens de l’enseignement du Zohar Hakadoch : « lorsque nous sacrifions ce bouc le jour de Yom Kipour, cela permet, avec maîtrise, subtilité et sagesse, de l’empêcher de faire du mal, comme il est écrit : « et le bouc portera sur lui toutes leurs fautes. » (ויקרא טז, כב) Il s’agit ici de Essav qui est appelé שעיר = séir. Tout doit être entrepris avec sagesse et ruse face à lui.

Pour quelle raison ? Parce qu’il est écrit : « Tu te montres aimant avec ceux qui t’aiment, loyal envers l’homme loyal, sincère avec les cœurs purs, mais artificieux avec les pervers ! » (תהילים יח, כז)

Essav est le serpent originel qui a fait fauter Adam et ‘Hava par des paroles mensongères. C’est la raison pour laquelle Yaacov a été nommé, par Hakadoch Baroukh Hou, Yaacov ; ce nom possède en effet une connotation de ruse. Ainsi, de la même façon que le serpent a fait chuter Adam par la ruse, ce dernier devra également lui faire face avec de la ruse. (זוהר תולדות קלח.)

Nos Sages de la Michna, de mémoire bénie, enseignent qu’il existe une exigence halakhique consistant à prendre, pour Yom Kipour, deux boucs équivalents, aussi bien dans leur apparence que dans leur taille. Ils doivent se ressembler comme s’ils n’étaient qu’un. (יומא סב.)

Pour quelle raison les deux boucs devaient-ils être identiques en tout point ?

Pour répondre, apportons en tout premier lieu l’enseignement de la dernière Michna du Pirké Avot : « tout ce que D.ieu a créé dans le monde, Il l’a créé pour Sa gloire. » (אבות ו, יא)                   A ce propos, le « ישמח ישראל » s’étonne : il existe pourtant de nombreux méchants qui empruntent de mauvais chemins dans ce monde ; l’honneur de Hakadoch Baroukh Hou ne grandit pas par leur intermédiaire, bien au contraire ! Comment alors concilier cette affirmation avec la réalité qui évolue sous nos yeux ?

Le « ישמח ישראל » répond : « Il est évident que rien ne peut aller à l’encontre de l’honneur de l’Eternel. Ainsi, même les gens méchants grandissent Son honneur et celui du Ciel car Hakadoch Baroukh Hou leur demandera de rendre des comptes. Si cette justice est rendue dans ce Monde-ci, Son Nom sera sanctifié et grandi de façon redoutable… Si cela se passe dans le Monde futur, nos Maîtres nous ont déjà enseigné : « Il donne raison à la justice et déclare : Maître de l’univers ! Tu as bien jugé, Tu as bien innocenté, Tu as bien condamné et Tu as bien fait d’avoir institué le Guéhinam pour les impies et le Gan Eden pour les justes. » (עירובין יט.)

En étant punis pour leurs actes, ils sanctifieront et grandiront le Nom de l’Eternel. Ainsi, la louange des assemblées des hommes pieux honore Sa royauté durant leur vivant tandis que l’honneur de l’Eternel germera par les méchants au moment de leur perte. (ישמח ישראל פרשת ראה)

note : Les sages du Midrach rapportent à propos du verset « Et la terre était tohu bohu… » בראשית א, ב))

Il s’agit des actes des méchants tandis que « D.ieu dit que la lumière soit et la lumière fut. » (בראשית א, ג) se réfère aux actes des tsadikim. Comment savoir quels types d’actes Il désire ? Comme il est écrit « D.ieu vit que la lumière était bonne. » (בראשית א, ד) nous pouvons déduire qu’Il désire les actions des justes et non ceux des méchants. (בראשית רבה ב, ה)

Sur cet enseignement, de nombreux commentateurs demandent : comment est-il possible de croire que le Maître de l’univers puisse désirer les actions des méchants qui se rebellent contre Lui au point qu’il soit nécessaire de rapporter un troisième verset pour prouver l’inverse ?

Selon ce qui précède, nous pouvons répondre que la finalité de toute la Création et de toute créature consiste à sanctifier le Nom de l’Eternel. Que ce soit les justes ou les mécréants, tous finiront par Le sanctifier. Malgré tout, Hakadoch Baroukh Hou préfère la voie empruntée par les justes car l’Eternel ne souhaite pas la mort des méchants mais leur repentir afin qu’ils puissent vivre.

Ainsi, le fait qu’il soit préférable que tous soient des justes est uniquement dans l’intérêt des hommes ; Son honneur, lui, sera établi en toutes circonstances.

À présent, nos yeux s’éclairent et notre cœur se réjouit à l’idée d’apréhender légèrement la lumière provenant du service divin réalisé par le Cohen Gadol le jour de Yom Kipour. Sélectionner ces deux boucs, un bouc pour l’Eternel et un bouc pour Azazel, comporte une allusion très claire aux deux sentiers qui sont proposés aux créatures afin de sanctifier le Nom du Ciel. Ainsi, l’homme possède le libre arbitre de sanctifier le Ciel avec un bouc pour l’Eternel ou bien, que D.ieu nous en préserve, avec un bouc pour Azazel.

Le peuple d’Israël, descendance de Yaacov notre patriarche, accepta la Torah au Mont Sinaï en déclarant : « Nous ferons et nous accepterons.» שמות כד, ז)) Ils dévoilèrent ainsi leur choix de sanctifier le Nom de Ciel en s’affairant à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvot, service représenté par le bouc destiné à l’Eternel. Les hébreux étaient prêt à sacrifier et à soumettre leurs 248 membres et leurs 365 nerfs de leur corps pour l’Eternel.

Ce dévouement est symbolisé par l’enseignement du Talmud : « Rech Lakich enseigne : d’où savons-nous que les paroles de la Torah ne se maintiennent que chez celui qui se tue pour elle ? Parce qu’il est écrit : « Telle est la Torah d’un homme qui meurt dans la tente. » (ברכות סג: – במדבר יט, יד)

En revanche, les mécréants des nations du monde, descendant de Essav, refusèrent d’accepter la Torah. Ils dévoilèrent ainsi qu’ils ne souhaitaient pas sanctifier le Nom de Celui qui est au Ciel avec la dimension du bouc pour l’Eternel. Mais comme « tout ce que D.ieu a créé dans le monde, il l’a créé pour sa gloire. » (אבות ו, יא), même ces nations devront sanctifier le Saint Nom, en s’attachant au message du bouc pour Azazel.

Ainsi, le Maître de l’univers ordonna que le Cohen Gadol apporte deux boucs le jour de Yom Kipour : un bouc pour l’Eternel, correspondant à Yaacov notre patriarche et à sa descendance, qui ont choisi de servir l’Eternel avec la Torah et ses commandements. Mais le plus sage des hommes nous a déjà averti : « l’homme est ainsi : il n’y en a pas de suffisamment juste sur Terre qui fasse le bien sans jamais fauter. » קהלת ז, כ)) C’est la raison pour laquelle le Cohen Gadol apporte un bouc pour l’Eternel, afin d’expier les actes du peuple juif qui ne remplit pas toujours comme il convient sa raison d’être : sanctifier Son Nom.

Le bouc pour Azazel, lui, correspond à Essav le racha. Son sacrifice éveille les cieux sur l’obligation d’Essav et de sa descendance de sanctifier également le Nom de Celui qui est au Ciel. Comme nous l’avons rapporté dans le Midrach ainsi que dans le Zohar Hakadoch, Hakadoch Baroukh Hou prend toutes les fautes d’Israël pour les mettre sur la tête de ce bouc qui incarne Essav, et ce afin que le peuple juif n’ait pas besoin de sanctifier le Saint Nom sous l’aspect du bouc pour Azazel, D.ieu nous en préserve.

Cet éclairage nous permet de comprendre l’enseignement des sages du Talmud : Aharon devait disposer les boucs de chaque côté, l’un à droite et l’autre gauche puis mettre ses deux mains dans une urne et procéder au tirage au sort. Il devait prendre un petit écriteau avec sa main droite, puis un autre avec sa main gauche, pour finalement les poser sur les deux boucs. Le bouc qui se vit attribuer l’écriteau sur lequel était écrit « pour l’Eternel » était destiné pour l’Eternel, tandis que le second était envoyé à Azazel. (יומא לט.)

Le Zohar Hakadoch rapporte que la droite symbolise l’attribut de la Bonté (‘hessed) tandis que la gauche exprime l’attribut de la Rigueur (din). (תיקוני זוהר הקדמה יז.) Lorsque les enfants d’Israël se trouvent dans la dimension du bouc pour l’Eternel et choisissent de sanctifier Son Nom par l’intermédiaire de l’étude de la Torah et de l’accomplissement des commandements, Hakadoch Baroukh Hou se comportera avec Sa main droite, en utilisant l’attribut du ‘hessed. Il attribuera ainsi une protection particulière à Son peuple ; il était ainsi cohérent que le tirage au sort attribue le bouc pour l’Eternel à la droite du Cohen Gadol. Cependant, envers les autres nations, Hakadoch Baroukh Hou se conduit avec la main gauche, l’attribut de rigueur ; le bouc pour Azazel tombait ainsi dans la main gauche du Cohen Gadol, faisant allusion à la sanctification du Nom de l’Eternel avec la Justice et la stricte rigueur.

Ces enseignements nous permettent de comprendre les propos du Midrach au sujet des paroles de Rivka à son fils Yaacov : « Va, je te prie, aux troupeaux, et prend pour moi de là-bas deux bons chevreaux. » (בראשית כז, ט) Il interprète cette injonction ainsi : « ils seront bons pour toi, car grâce à eux tu pourras prendre les bénédictions. Ils seront également bons pour tes enfants car c’est par leur intermédiaire qu’ils expieront leurs fautes le jour de Yom Kipour, comme il est écrit : « car en ce jour, il fera expiation pour vous, pour vous purifier de tous vos péchés. » (בראשית רבה סה, יד – ויקרא טז, ל)

Rivka notre matriarche demanda ainsi à Yaacov de préparer pour Its’hak son père de bons chevreaux, correspondant aux deux boucs que le Cohen Gadol apportera le jour de Yom Kipour.

Qu’a vu Rivka dans sa grande sagesse pour demander précisément à ce moment à Yaacov son fils d’apporter ces deux chevreaux ?

Avec ce qui précède, nous pouvons répondre que Rivka voulait prévenir son mari Its’hak. En effet, il avait l’intention de donner les bénédictions à Essav et non à son cadet, Yaacov. Pourtant, c’était à ce dernier qu’il fallait transmettre les bénédictions, lui qui avait choisi de sanctifier le Ciel et qui incarnait le message du bouc pour l’Eternel. En revanche, Essav refusait d’accepter cette mission et devait par conséquent sanctifier le Saint Nom par le bouc de Azazel. Il était ainsi interdit de lui transmettre les bénédictions ! Au contraire, il fallait provoquer sa chute, seul moyen pour lui d’accomplir sa destinée.

Its’hak notre patriarche, ayant compris le message de sa femme vertueuse, accepta son opinion. Cependant, il accorda tout de même une bénédiction à Essav, comme il est écrit : « Par ton glaive, tu vivras… »בראשית כז, מ) )

Puisque Its’hak a compris l’allusion de Rivka, pourquoi a-t-il tout de même accordé une bénédiction à Essav ?

Le « קדושת הלוי » explique que lorsque Its’hak bénit Essav, il conclut en lui intimant de se soumettre à Yaacov, comme il est écrit à la fin du verset : « Par ton glaive, tu vivras et tu serviras ton frère. » בראשית כז, מ))

Cette bénédiction contenait ainsi la chute même de Essav afin que lui aussi, dans la voie qu’il avait choisie, sanctifier le Nom de D.ieu.

Voici les propos de ce Maître : « lorsque Its’hak entendit les paroles de Essav, il vit sa méchanceté et son attirance pour le mauvais penchant et lui dit : « Par ton glaive, tu vivras. » שם)) En réalité, son intention profonde était de le bénir qu’il soit frappé par l’épée et qu’il connaisse la perdition ; ce n’est qu’alors qu’il pourra « vivre » à savoir de se réaliser en sanctifiant de cette manière le Saint Nom. » קדושת הלוי פרשת תולדות ד »ה ועל חרבך))

Ainsi, dans sa grande sagesse, Its’hak notre patriarche prépara l’avenir de Yaacov et de sa descendance. En assimilant, à travers les deux chevreaux, le message des deux boucs, le bouc pour l’Eternel et le bouc pour Azazel, il comprit qu’il devait tout d’abord donner les bénédictions à Yaacov. Puis, dans un second temps, il prépara l’avenir de Essav et de sa descendance, en leur accordant une bénédiction afin de préparer leur chute.

En conclusion, il nous incombe de prendre conscience de cette réalité absolue : « tout ce que D.ieu a créé dans le Monde, Il l’a créé pour Sa gloire. » (אבות ו, יא)

Nous devons louer le Créateur et reconnaître : Béni soit l’Eternel de nous avoir créé pour Son honneur !

Nous devons également prier pour avoir le mérite de sanctifier Son Nom, avec notre Torah et l’accomplissement de nos mitsvot : soyons un « bouc pour l’Eternel » tout au long de notre longue vie, en pleine santé !