Chemini

Au huitième jour de l’inauguration du Michkan, la Présence divine ne se révèle qu’à travers l’union de Moché et Aharon. Moché incarne le tsadik parfait, tandis qu’Aharon représente le baal téchouva, celui qui a fauté puis s’est relevé. Leur complémentarité enseigne que la Chékhina ne réside que lorsque justice et repentance s’unissent dans l’humilité, la prière et l’amour du prochain.

Auteur : Beth Chelomo

Date : 9 avril 2026

Sommaire :

1. Le huitième jour : révélation de la Chékhina

2. La complémentarité entre Moché et Aharon

3. Le rôle central de la téchouva

4. L’unité comme condition de la Chékhina

5. Application à notre génération

« ויהי ביום השמיני קרא משה לאהרן ולבניו ולזקני ישראל« 

« Ce fut au huitième jour Moché appela Aharon et ses fils et les anciens d’Israël. » (ויקרא ט, א)

note : le Zohar Hakadoch nous fait remarquer que les initiales des cinq premiers mots de notre verset composent le mot במקוה = mikvé. Ceci vient nous enseigner que Hakadoch Baroukh Hou a donné à Aharon la possibilité d’expier la faute du veau d’or et qu’il va se purifier comme l’eau du mikvé purifie. (ע’ זוהר ויקהל ריט. – זוהר שמיני לז.) De plus le ‘Hida זצ »ל explique à propos des termes « קרא משה לאהרן » que les trois initiales de ces mots correspondent aux trois dernières lettres des noms de nos patriarches מק« ל : Avraham = אברהם, Its’hak = יצחק et Yaacov = יעקב. Ceci pour nous enseigner par allusion que Aharon a expié sa faute par le mérite de nos patriarches. (נחל קדומים)

Rachi explique que le premier jour du mois de Nissan, jour où le Tabernacle fut érigé, correspond également au huitième jour de l’intronisation d’Aharon et de ses fils au statut de Cohen.

À ce propos il est rapporté dans le Talmud de Jérusalem : « tout au long des sept jours de l’inauguration, Moché faisait office de Cohen Gadol. Cependant, la Chékhina n’a pas résidé dans le Tabernacle par son entremise, ce n’est que lorsque Aharon a revêtu les vêtements du Cohen Gadol et a commencé son service divin que la Présence divine y a résidé. Quelle en est la raison ? « Car aujourd’hui l’Eternel vous apparaîtra. » (ירושלמי יומא פ »א ה »א – ויקרא ט, ד)

Ainsi, nous apprenons que ce n’est qu’à la suite des sept jours durant lesquels Moché Rabbenou officia en tant que Cohen Gadol que l’Eternel fit résider sa Présence Divine sur le Tabernacle, au moment où Aharon Hacohen, le huitième jour, offrit les sacrifices durant la cérémonie d’inauguration. Ce partenariat sacré entre Moché et Aharon, qui permit à la Présence divine de résider sur le Tabernacle, s’est poursuivi en se renforçant comme il est écrit quelques versets plus loin : « Moché et Aharon vinrent dans la tente d’assignation, ils sortirent et bénirent le peuple et la gloire de l’Eternel apparut à tout peuple. » (ויקרא ט, כג)

Rachi explique, d’après le Midrach, pourquoi il était nécessaire que Moché et Aharon entrent ensemble dans la tente d’assignation. Lorsque Aharon constata que la Présence Divine n’était toujours pas descendue sur Israël, bien que toutes les offrandes aient été présentées et tous les services effectués, il en fut affligé et se dit : « je sais que Hakadoch Baroukh Hou est irrité contre moi et que c’est à cause de moi que la Chékhina ne s’est pas déployée sur Israël. » Il déclara alors à Moché : « Moché, mon frère, ainsi as-tu agi envers moi ? En me laissant entrer pour être intronisé et me couvrir de honte ? Immédiatement Moché entra avec lui et ils implorèrent la pitié de D.ieu et la Présence divine descendit sur Israël. (תורת כהנים)

Rachi nous rappelle également que pendant les sept jours de l’inauguration, Moché avait dressé le Tabernacle, il y avait officié et l’avait démonté quotidiennement. Cependant, la Présence divine n’y avait pas résidé. Le peuple se sentait humilié et disait à Moché : « Moché, notre maître, nous avons fourni tant d’efforts pour que la Chékhina réside parmi nous et pour que nous sachions que la faute du veau d’or nous a été pardonnée, et tout cela était-il en vain ? Ainsi il leur répondit : « ceci est la chose qu’a ordonnée l’Eternel, accomplissez-la et la gloire de l’Eternel vous apparaîtra. » (ויקרא ט, ו) Mon frère Aharon est plus digne et plus méritant que moi car c’est grâce à ses sacrifices et à son service que la Présence Divine résidera parmi vous et vous saurez que l’omniprésent l’a choisi.

Ainsi, le Maître de l’univers a fait résider sa Présence sur le Tabernacle seulement le huitième jour, uniquement après que les deux frères soient entrés ensemble dans le Tabernacle pour prier et lorsqu’ils en sont sortis pour bénir le peuple. L’Ecriture témoigne : « un feu sortit de devant l’Eternel et consuma sur l’autel l’holocauste et les graisses. Tout le peuple vit, ils louèrent et ils tombèrent sur leur face. » (ויקרא ט, כד)

À présent que nous avons établi l’ordre chronologique des événements, nous devons comprendre quel est le sens de cette complémentarité indispensable entre les deux frères qui a permis à ce que la Présence divine de résider sur le Tabernacle. Comment pouvons-nous reproduire les efforts combinés de Moché et de Aharon pour que nous puissions mériter, dans notre génération, que la Chékhina réside parmi nous alors que le Temple n’est plus ?

Commençons par introduire l’explication extraordinaire du « שפת אמת » qui explique pourquoi Aharon a été nommé Cohen Gadol en lieu et place de Moché Rabbénou. Moché Rabbénou était un tsadik parfait qui n’avait jamais fauté, par conséquent, il était incapable de réparer la faute du veau d’or pour Israël car cette réparation exigeait un baal téchouva. Aharon Hacohen avait, quant à lui,  entrepris la confection du veau d’or pour le peuple, il était donc pénitent et en conséquence répondait parfaitement aux critères nécessaires pour effectuer la réparation : il pouvait offrir des sacrifices au nom des enfants d’Israël pour réparer leurs péchés. C’est le sens de l’Ecriture : « Moché dit à Aharon : approche de l’autel offre ton expiatoire et ton holocauste, fais expiation pour toi et pour le peuple. » (ויקרא ט, ז)

Rachi explique au nom du Midrach qu’Aharon, ressentant de la honte, avait peur de s’avancer. Moché lui dit : pourquoi as-tu honte ? C’est pour cela que tu as été choisi ! (תורת כהנים) – Moché sous-entendait qu’il avait été contraint par Hachem de fabriquer le veau d’or afin de pouvoir corriger le péché du peuple une fois intronisé Cohen gadol.

En effet, il est rapporté dans le Talmud, que la fabrication du veau d’or par Israël n’a eu lieu que pour encourager les baal téchouva. (עבודה זרה ד:) – Rachi explique que, à cette époque, ils étaient forts et maîtres de leurs penchants. Cependant, il fut décrété par le Maître de l’univers que les penchants triompheront dans le but d’encourager les pénitents. En effet, si un fauteur déclare : je ne me repens pas car je ne serai pas accepté, on lui répondra : regarde et apprends de l’histoire du veau d’or que bien qu’ils aient été hérétiques leur repentir a été accepté. (עבודה זרה ד: רש »י ד »ה לא עשו)

Il est écrit dans la paracha de Vaera : « c’est à Aharon et Moché que l’Eternel a dit : faites sortir les enfants d’Israël du pays d’Égypte avec leurs armées. Ce sont eux qui parlèrent à Pharaon, roi d’Égypte, pour faire sortir les enfants d’Israël, c’est Moché et Aharon. » (שמות ו, כו – כז)

Rachi explique que parfois l’Ecriture cite Aharon avant Moché et parfois elle cite Moché avant Aharon,  pour nous apprendre qu’ils étaient égaux.

Pourquoi la Torah nous précise-t-elle que Moché et Aharon étaient égaux ?

Il est rapporté dans le Talmud : « là où les repentis se tiennent debout, même les justes parfaits ne se tiennent pas. » (ברכות לד:) – D’après cet enseignement nous pourrions dire que Aharon, qui s’était repenti, était plus grand que Moché Rabbénou, le tsadik parfait. Ainsi il était nécessaire que la Torah nous apprenne qu’ils étaient égaux.

Il est rapporté dans le « חובות הלבבות » qu’un véritable baal téchouva a le cœur brisé et éprouve des remords pour avoir pêché envers D.ieu : « il se soumet et s’humilie toujours devant D.ieu car le péché est à l’origine de sa soumission et de ses efforts pour s’acquitter de ses dettes envers le Créateur. Il n’est jamais hautain pour ses bonnes actions… un tel pécheur est plus grand qu’un tsadik qui n’a jamais commis la moindre faute car le juste n’est jamais assuré que son cœur ne deviendra pas fier et hautain pour ses actes… » (חובות הלבבות שער התשובה פרק ח – ברכות לד:)

 note : le « חובות הלבבות » continue et écrit : l’un des justes disait à ses disciples : « si vous étiez complètement sans péchés, j’aurais peur pour vous de ce qui est pire que le péché. » Ils lui ont demandé : « et qu’est-ce qui est pire que le péché ? » Il a répondu : « la fierté et la flatterie. »  Au sujet d’un pénitent comme celui-ci, nous avons dit : « là où les repentis se tiennent debout, même les justes parfaits ne se tiennent pas. » (חובות הלבבות שער התשובה פרק ח – ברכות לד:)

Aharon incarne parfaitement le baal téchouva qui a un statut plus élevé que le juste parfait car ce dernier encourt toujours le risque de devenir orgueilleux et hautain contrairement aux repentis. Cependant, ce risque n’existait pas pour Moché Rabbénou au sujet duquel la Torah témoigne : « Moché était fort humble, plus que tout homme sur la terre. » (במדבר יב, ג) Ceci explique pourquoi Aharon et Moché étaient égaux.

Pour quelle raison la Présence divine ne pouvait-elle résider dans notre monde ici-bas que par l’effort de ces deux frères, Moché Rabbénou le juste parfait et Aharon Hacohen le repenti ?

Nos Maîtres de mémoire bénie nous ont enseigné dans le Talmud : « tout celui qui n’a pas vu la joie de « sim’ha bet hachoéva » n’a pas vu la joie dans sa vie. » (סוכה נא.) Tossefot, dans son commentaire sur le Talmud de Jérusalem, explique que les enfants d’Israël attiraient la Chékhina sur eux car celle-ci ne peut résider que sur une personne gagnée par la joie comme il est écrit : « tandis que celui-ci jouait de son instrument, l’esprit de l’Eternel s’empara du prophète. » (מלכים ב ג, טו) – Le Talmud de Jérusalem cite le cas de Yona ben Amitaï qui était parmi les pèlerins et sur qui la Présence divine avait reposé pendant la « sim’ha bet hachoéva ». (סוכה נ: – תוספות ד »ה חד)

Le Talmud explique à propos des personnes présentes lors de Sim’ha bet hachoéva, que certaines d’entre elles disaient : « heureuse est notre jeunesse qui n’a pas fait honte à notre vieillesse » car elles n’avaient pas commis de faute jusqu’alors. Il s’agissait des hommes pieux et des hommes de bonnes actions. Et d’autres déclaraient : « heureux celui qui n’a jamais péché et pour celui qui a fauté qu’il se repente et il sera pardonné. » (ע »פ סוכה נג.)

C’est lors de cette rencontre extraordinaire entre les tsadikim et les pénitents que la nature unique de « sim’ha bet hachoéva » se révélait. Israël avait le privilège d’en faire l’expérience, de ressentir la Présence divine et de pouvoir jouir de son inspiration. Chacun de ces deux groupes distincts exprimait ses louanges et sa gratitude envers l’Eternel pour leur avoir permis de servir le Créateur au mieux de leurs capacités. Enfin, les justes et les pénitents déclaraient ensemble : « heureux celui qui n’a jamais péché, quant à celui qui a péché, qu’il se repente et il sera pardonné. » (סוכה נג.)

Ce lien divin d’amour et de fraternité qui unissait les justes et les repentis d’Israël transperçait les portes des mondes supérieurs et montait jusqu’au Trône de gloire. Grâce à ce lien, la présence de la Chekhina sur Israël lui accordait une inspiration divine abondante. Ce n’est que lorsque Moché le Tsadik parfait et Aharon le Baal téchouva sont entrés ensemble dans la tente d’assignation pour implorer la miséricorde divine, que la Chékhina est descendue pour résider sur le Tabernacle la première fois.

Comment pouvons-nous aujourd’hui concrètement reproduire cette union entre les juifs afin d’attirer la Chékhina sur Israël ?

Pour expliquer cette union magnifique entre Moché et Aharon, commençons par rapporter les paroles du Midrach : « à 18 reprises l’Eternel s’est adressé de la même manière à Moché et Aharon ce qui correspond aux 18 bénédictions de la prière… la Torah mentionne 18 fois Moché et Aharon combinés en allusion aux 18 bénédictions. » (במדבר רבה ב, א)

Pour expliquer ce Midrach voici les paroles du Talmud qui interprète le verset : « Je serai pour eux un petit sanctuaire. » (יחזקאל יא, טז) Selon Rabbi Chmouel ben Its’hak, l’Ecriture fait allusion aux synagogues et aux maisons d’études à Babylone. (מגילה כט.)

Ainsi, chaque synagogue dans laquelle nous prions est considérée comme un sanctuaire miniature, un endroit où l’Eternel peut faire résider sa Chékhina. Nous avons appris par ailleurs que les prières qui ont été instituées correspondent aux sacrifices quotidiens perpétuels, soit le sacrifice tamid. (ברכות כו:)

En effet, la prière du matin correspond au tamid du matin, la prière de l’après-midi à celui de l’après-midi et celle du soir correspond à la combustion durant la nuit des graisses et des membres des sacrifices offerts durant la journée écoulée.

Par cet enseignement, nos Sages voulaient souligner l’importance qu’il y a à unir nos prières qui comportent les deux spécificités de Moché et Aharon, la justice et la repentance. Par cette union, nous mériterons que la Présence divine réside sur nous comme à l’époque de la « sim’ha bet hachoéva ».

C’est la raison pour laquelle le Maguen Avraham זצ »ל a tranché la loi au nom du Ari Zal : « avant la prière du matin, il faut accepter sur soi le commandement positif : « tu aimeras ton prochain comme toi-même. » (מ »א או »ח סימן מו – ויקרא יט , יח)

Il est impératif que chaque juif s’unisse à son prochain dans la prière, qu’il soit un juste parfait ou un baal téchouva, pour devenir un seul homme avec un seul cœur comme Moché et Aharon.

D’après ceci nous pouvons expliquer un autre enseignement du Talmud concernant la prière des 18 bénédictions : « Durant la prière, il faut disposer ses jambes comme si elles n’en formaient qu’une, pour ressembler aux anges au sujet desquels il est dit : « Leurs jambes étaient une seule jambe droite. » (ברכות י: – יחזקאל א, ז)

note : en d’autres termes celui qui prie la amida doit aligner ses pieds pour qu’ils se situent l’un à côté de l’autre donnant l’apparence d’un seul pied. Cet enseignement se trouve également dans le Talmud de Jérusalem. (ירושלמי ברכות א, א) C’est l’avis des principaux décisionnaires : Rachi, Tossefot, Ritva ainsi que le Rachba et c’est ainsi que la loi est tranchée dans le Choul’han Aroukh. (ש »ע או »ח צה, א)

Pourquoi devons-nous faire comme les anges lors de notre prière et réunir nos jambes pour donner l’impression que nous n’en avons qu’une seule ?

Le Zohar Hakadoch apporte une merveilleuse réponse à cette question, qui est aussi une grande règle générale de la Torah ésotérique et qui est rapportée à maintes reprises par nos Maîtres les Mékoubalim : l’Eternel gère le monde avec sept attributs différents : « ‘Hessed, Guevoura, Tiferet, Netsa’h, Hod, Yessod, Malkhout. » (תיקוני זוהר לג דף עז. – זוהר פינחס רמג.)                 

Ces sept attributs représentent le corps humain et Hakadoch Baroukh Hou les utilise pour diriger le monde comme cela est expliqué par le Tikouné Zohar dans le passage plus connu sous le nom du « Pata’h Eliahou » : « ‘Hessed correspond au bras droit, Guevoura correspond au bras gauche, Tiferet représente le buste, Netsa’h et Hod la jambe droite et gauche, Yessod correspond à la Brit Mila et Malkhout est symbolisée par la bouche que nous appelons loi orale. » (פתח אליהו הקדמה יז:)

 Note : il s’agit des 7 séphirot inférieures qui correspondent au « squelette spirituel » de l’homme. La Malkhout – royauté -est appelée « la loi orale » car elle est prononcée par la bouche et c’est par la loi orale que tous les décrets de la souveraineté de D.ieu sont expliqués. Cependant, en règle générale, la Malkhout correspond à la couronne de la Brit Mila ou à l’aspect extérieur de l’appareil génital de la femme.

Nous pouvons expliquer que Moché représente netsa’h, soit la jambe droite et Aharon hod la  jambe gauche, comme cela est rapporté dans le livre « עבודת ישראל » dont l’auteur est le Maguid de Koznitch זצ »ל. Selon lui, l’attribut de hod symbolise le baal téchouva car le terme hod = הוד provient du mot הודאה qui signifie reconnaître. Ainsi, il faut expliquer que le fauteur était initialement en désaccord avec l’Eternel et sa Torah. Par la suite, il s’est repenti et a reconnu son péché d’où l’expression du Talmud : « dire qu’ils sont d’accord implique qu’il y a eu un désaccord préalablement. » (עבודת ישראל על חנוכה – עירובין יב. )

Parallèlement, nous pouvons expliquer que le juste qui n’a jamais péché, réussissant à vaincre le mauvais penchant à chaque instant, est symbolisé par l’attribut de netsa’h comme il est rapporté dans le Talmud : « l’homme a le devoir de toujours renforcer son bon penchant contre son mauvais penchant. S’il l’a vaincu tant mieux. » ברכות ה.)) – Le terme נצחו signifiant ici  « vaincre ».

À présent, nous pouvons comprendre l’enseignement du Talmud : « là où les baal téchouva se tiennent debout, même les justes parfaits ne se tiennent pas. » (ברכות לד:) – En effet, un repenti est doté d’un mauvais penchant plus redoutable que celui du juste. Etant habitué à commettre des fautes, il est complètement enchevêtré dans la toile du mauvais penchant car une transgression en entraîne une autre. (אבות ד, ב) – Par conséquent, après s’être repenti en reconnaissant ses fautes, utilisant pour cela l’attribut de hod, il doit également adopter l’attribut de netsa’h pour vaincre le mauvais penchant. Ainsi, le juste parfait qui n’a jamais fauté, ne sers l’Eternel qu’avec l’attribut de netsa’h car celui de hod ne le concerne pas puisqu’il n’a rien à admettre ou à concéder. En effet, il n’a jamais contesté ou oublié le Maître de l’univers ni sa Torah. Quant au repenti, il doit servir l’Eternel avec les deux attributs : initialement avec celui de hod et ensuite avec celui de netsa’h pour vaincre le mauvais penchant. Ainsi, nous comprenons l’expression employée par le Talmud et par nos sages : « se tiennent debout ». Cela n’est pas un hasard car comme nous l’avons expliqué, le repenti se tient sur ses deux jambes et sert l’Eternel avec à la fois sa jambe droite qui est netsa’h et avec la gauche qui est hod.

D’après ces enseignements, nous pouvons expliquer pourquoi le Maître de l’univers a fait en sorte qu’Aharon soit impliqué dans la faute du veau d’or qui a été orchestrée dans le seul but de démontrer l’efficacité du repentir. Puisque l’attribut de Aharon est hod, lié au repentir et à la reconnaissance, il lui incombait d’aider Israël en démontrant l’efficacité du repentir et c’est précisément pour cette raison qu’il a été nommé Cohen Gadol.

À présent nous pouvons mieux comprendre la directive que Moché adressa à son frère Aharon : « approche de l’autel. » (ויקרא ט, ז) Ceci implique que Aharon devait s’approcher avec les deux jambes pour servir le Maître de l’univers, soit netsa’h et hod. Moché lui dit : « offre ton expiatoire et ton holocauste, fais expiation pour toi et pour le peuple. » (ויקרא ט, ז) Il demande à Aharon de servir l’Eternel avec l’attribut de hod en offrant un sacrifice expiatoire au nom du peuple d’Israël. Puis il lui demande de servir en tant que juste avéré qui a vaincu le mauvais penchant relevant de l’attribut de netsa’h.

C’est le sens du commentaire de Rachi qui explique qu’Aharon avait honte et peur de s’avancer car il se sentait responsable de la fabrication du veau d’or. Aussi Moché lui dit : pourquoi as-tu honte ? C’est pour cela que tu as été choisi ! En d’autres termes, c’est précisément pour avoir entrepris l’édification de ce veau d’or que tu as été désigné pour effectuer le service divin des sacrifices sur l’autel. Tu ne l’as pas fait de ta propre initiative, cela a été décrété d’en haut pour démontrer l’efficacité du repentir. C’est parce que ton attribut est hod que tu es tout désigné pour accomplir cette tâche.

À présent, nous pouvons nous réjouir de cette étude et comprendre que nous pouvons attirer la Présence divine dans nos synagogues lorsque nous prions en ayant l’approche de Moché et Aharon qui représentaient le juste parfait et le baal téchouva. Par conséquent, il nous appartient de nous unir lorsque nous prions pour inviter la Chékhina tout comme elle était présente durant la « sim’ha bet hachoéva ».