Des méfaits de haut vol
« כִּי יָקוּם עֵד חָמָס בְּאִישׁ לַעֲנוֹת בּוֹ סָרָה »
« Lorsqu’un témoin violent se lève contre un homme pour l’accuser d’un méfait… » (דברים יט, טז)
Le terme חמס = ‘hamas est malheureusement aujourd’hui connu dans le monde entier. Or, nos Sages, de mémoire bénie, nous ont déjà enseigné qu’à travers un nom, la personnalité peut se dévoiler. (ע’ יומא פג: – זוהר נח ס.)
En effet, ce principe existe depuis la création du monde, lorsque D.ieu ordonna à Adam Harichon de nommer les différentes créatures. Ainsi, il appela le lion = אריה qui renferme la notion de crainte = יראה dans son nom-même, ou encore il nomma l’âne = חמור qui est, par nature, lourd et empesé, dénotant ainsi son inclination à la matérialité = חומר. (בראשית רבה יז, ה)
Le Baal Chem Tov nous enseigne que même une simple appellation prononcée par des non-juifs peut contenir en allusion un message du Ciel concernant les choses que nous devons rectifier. (בעל שם טוב בראשית קכב – אגרת התניא כה)
D’après ceci, puisque le mot חמס = ‘hamas est sur toutes les bouches du monde, que signifie le terme חמס = ‘hamas, d’après la Torah ?
L’Ecriture mentionne ici le terme de חמס = ‘hamas qui signifie littéralement la violence. Quel est le sens profond de ce terme ? Y a-t-il des lois qui en découlent, par nos décisionnaires, de mémoire bénie ? Enfin, nous aborderons également l’explication de ce terme d’après le Zohar Hakadoch, avec l’aide d’Hachem.
Je commencerai mon introduction en expliquant une notion fondamentale : le terme חמס = ‘hamas est un mot de source hébraïque. Pour preuve, ce terme est rapporté 5 fois dans la Torah, 37 fois dans le Nakh, 7 fois dans le Talmud de Babylone, 3 fois dans le Talmud de Jérusalem et à 17 reprises dans le Zohar Hakadoch. Je vous propose d’explorer ce que nous enseignent nos écrits sacrés ainsi que leur explication donnée par nos Sages, de mémoire bénie.
Note : En effet, vous pourrez retrouver le terme חמס = ‘hamas qui est rapporté une fois dans le livre de Choftim, trois fois dans Isaïe, deux fois dans Jérémie, trois fois dans Ézéchiel, deux fois dans Amos, une fois dans Mikha, deux fois dans ‘Habakouk, une fois dans Tséfania, une fois dans Malakhi, dix fois dans les Psaumes du roi David, sept fois dans Michlé du roi Salomon, deux fois dans Job et une fois dans les Chroniques. De plus, il est mentionné à 47 reprises dans les écrits de Maïmonide, principal décisionnaire du peuple juif, et à 66 reprises dans le Choul’han Aroukh, incluant les principaux décisionnaires.
Nous retrouvons pour la première fois ce terme dans l’Ecriture dans la paracha de Noa’h, lorsque l’Eternel D.ieu annonça à Noa’h la raison pour laquelle le monde allait être détruit par le déluge, comme il est écrit : » וַתִּשָּׁחֵת הָאָרֶץ לִפְנֵי הָאֱלֹהִים וַתִּמָּלֵא הָאָרֶץ חָמָס » « La Terre s’est corrompue et s’est remplie de violence… » (בראשית ו, יא)
Rachi explique, selon le sens simple, que le terme חמס = ‘hamas signifie le vol avec violence. Deux versets plus loin, il est écrit : « וַיֹּאמֶר אֱלֹהִים לְנֹחַ קֵץ כָּל בָּשָׂר בָּא לְפָנַי כִּי מָלְאָה הָאָרֶץ חָמָס מִפְּנֵיהֶם וְהִנְנִי מַשְׁחִיתָם אֶת הָאָרֶץ » « D.ieu dit à Noa’h : la fin de toute chair est venue devant Moi car la terre s’est remplie de violence, voici qu’ils ont détruit la terre. » (בראשית ו, יג)
Rachi explique que le décret de destruction par le déluge fut scellé à cause de la violence. (רש »י שם)
Note : La génération du déluge aurait dû être détruite lorsque Noa’h a atteint l’âge de 480 ans. Toutefois, l’Eternel a patienté jusqu’à ce qu’il parvienne à l’âge de 600 ans et devienne ainsi un juste parfait, apte à constituer le réceptacle du yessod. (זוהר נח סה:) En effet, Noa’h a averti sa génération 300 ans avant le déluge. (זוהר נח סב:)
Nous apprenons de l’Ecriture que la notion de חמס = ‘hamas est reliée directement au vol avec violence. Toutefois, comment s’exprime-t-elle de façon concrète ? Tournons-nous directement vers le Talmud de Jérusalem ainsi que le Midrach sur lesquels Rachi s’est appuyé pour faire son commentaire :
Rabbi A’ha demande : « Dans quel cas peut-on dire de quelqu’un qu’il se rend coupable de חמס = ‘hamas = vol avec violence ? Il s’agit par exemple d’un homme qui va au marché et étale sa marchandise, comme par exemple des tourmouss (du lupin) dans le but de les vendre. Ainsi, dans la génération du déluge, les hommes venaient se servir sur son étalage pour une valeur inférieure à une prouta. Cette valeur étant trop faible pour constituer un déli de vol et permettre au commerçant de porter plainte, ce dernier était petit à petit démuni de toute sa marchandise sans pouvoir espérer avoir recours à la justice. (ע’ ירושלמי בבא מציעא פ »ד ה »ב – בראשית רבה א, ה)
En effet, depuis Adam Harichon, l’humanité avait reçu six commandements divins à respecter qui sont :
1 – Reconnaître que l’Eternel D.ieu est unique
2 – Etablir des tribunaux avec des lois civiles
3 – L’interdiction de l’idolâtrie
4 – L’interdiction du meurtre
5 – L’interdiction de la débauche
6 – L’interdiction du vol
Puis, après le déluge, Noa’h reçut un septième commandant pour l’humanité : l’interdiction de consommer d’un animal vivant. (סנהדרין נו.)
De ce fait, les victimes de cette génération ne pouvaient pas bénéficier de la justice et c’est ainsi que le Rambam זיע »א, Maïmonide, a tranché la loi : la génération du déluge a été effacée de la surface de la terre à cause de l’oppression dans les affaires commerciales. En effet, les lois de l’emprunteur et du prêteur s’avèrent inapplicables lorsqu’il est question d’un montant inférieur à une prouta. (הלכות מלכים פרק ט ה »ט)
Note : Le montant d’une prouta est équivalent à la plus petite pièce de monnaie qui permet d’acheter le plus petit article sur le marché. En dessous de cette valeur, le montant n’a pas de valeur sur le plan légal. À notre époque, cela reviendrait à porter plainte pour un montant de 5 agourot ou pour un centime d’euro qui est bien en dessous de l’article le moins cher du marché. Toutefois, c’est de façon rusée et pernicieuse que les hommes se servaient sur les étalages sans jamais dépasser le montant d’une prouta et comme tout le monde agissait ainsi, le propriétaire n’avait plus aucun recours pour se défendre.
Ainsi, les hommes de cette génération réclamaient la justice divine puisqu’ils ne pouvaient bénéficier de la justice des hommes. C’est à ce propos que les Sages nous ont déjà mis en garde sur le fait que celui qui réclame la justice divine contre son prochain est puni en premier car c’est le dossier de celui dont s’élève la plainte qui sera examiné en premier par le Tribunal Céleste. (בבא קמא צג.) Ces personnes étaient certes victimes sur le plan commercial mais n’étaient pas exemptes de tout reproche. Par conséquent, tout le monde était devenu coupable.
Ainsi, nos Sages du Talmud nous avertissent : regarde et prend conscience de la grandeur du vol ! En effet, la génération du déluge a transgressé et commis toutes les fautes possibles, pourtant le décret de sa destruction ne fut scellé que lorsque ses membres ont pratiqué le ‘hamas = le vol avec violence. (סנהדרין קח.)
Note : Ce type de comportement apporte la destruction partout où il est appliqué, et le vol avec violence constitua l’une des raisons pour lesquelles Jérusalem fut détruite. (בבא מציעא נט.)
Le monde n’a pas été détruit par le déluge uniquement à cause du vol avec violence, toutefois, c’est bel et bien cette transgression qui remplit la coupe des fautes de cette génération et qui entraînera sa disparition définitive.
C’est en ce sens que Rabbi Chimon bar Yo’haï enseigne dans le Zohar Hakadoch que le monde a été détruit par le déluge du fait de deux fautes essentielles : la débauche, car les hommes perdaient leur semence en vain, la perversion étant devenue licite, et le vol avec violence. (סנהדרין קח.)
Note : En effet, la perversion dans la débauche avait atteint son paroxysme durant cette génération. Rav Houna enseigne au nom de Rav Assi que la génération du déluge fut effacée car les hommes rédigeaient des contrats de mariage entre hommes. (ויקרא רבה אחרי מות כג אות ט) Il est écrit par ailleurs dans le Midrach qu’ils écrivaient également des contrats de mariage entre les hommes et les animaux. (בראשית רבה נח כו אות ה) Ainsi, ils voulaient légiférer sur ce point afin que cette transgression devienne permise de façon permanente. Cette législation ne fut plus jamais entreprise par l’humanité à l’exception de la génération actuelle de l’exil, comme le rapporte le Zohar Hakadoch : « Ils feront comme la génération du déluge et celle de Sodome et voudront légiférer pour permettre la perversion. » (זוהר חדש קלד.)
À présent, abordons la troisième fois où le terme חמס = ‘hamas est rapporté dans l’Ecriture.
Nous retrouvons ce terme pour la troisième fois dans la paracha de Vaye’hi lorsque Yaacov notre patriarche s’apprête à bénir ses enfants avant de quitter ce monde. Lorsque le tour de Chimon et Lévi arrive, Yaacov leur adresse une remontrance pour le massacre qu’ils ont commis dans la ville de Chekhem : « שִׁמְעוֹן וְלֵוִי אַחִים כְּלֵי חָמָס מְכֵרֹתֵיהֶם » « Ensemble, Chimon et Lévi sont des frères, instruments de violence. » (בראשית מט, ה)
Rachi explique ici que le terme חמס = ‘hamas est lié à l’acte de commettre des meurtres, agissements qui ont été usurpés à Essav. (רש »י שם)
Le Or Ha’haïm hakadoch זיע »א explique la remontrance de Yaacov à ses fils sous un angle différent. En effet, Chimon et Lévi furent les acteurs principaux de la vente de Yossef, ceux qui voulaient initialement le tuer. Ainsi, bien que tous les autres frères aient participé à la vente, Chimon et Lévi en furent les instigateurs principaux, comme cela est rapporté dans le Midrach. (בראשית רבה צט אות ה)
Nous apprenons de ce Midrach que le terme חמס = ‘hamas peut également signifier le meurtre ou le kidnapping !
À présent, abordons les deux dernières fois où est mentionné le terme חמס = ‘hamas dans l’Ecriture.
« לֹא תִשָּׂא שֵׁמַע שָׁוְא אַל תָּשֶׁת יָדְךָ עִם רָשָׁע לִהְיֹת עֵד חָמָס » « N’accepte pas de rapport mensonger et ne tends pas ta main à un méchant pour être un témoin de l’injustice (‘hamas). » (שמות כג, א)
Nos Sages, de mémoire bénie, expliquent que notre verset fait référence à un témoignage mensonger et à la médisance. (ע’ פסחים קיח. – יבמות נה.)
Le Mekhilta donne un exemple, à l’image d’un homme qui déclarerait à son fidèle employé : « Tu sais que je ne mentirais pas, même pour tout l’or du monde, toutefois untel me doit de l’argent et je n’ai qu’un seul témoin ! Viens donc témoigner aussi pour que je puisse récupérer mon dû. » (מכילתא שם)
Suivant cette même ligne directrice, l’Ecriture réitère son avertissement dans notre paracha : « כִּי יָקוּם עֵד חָמָס בְּאִישׁ לַעֲנוֹת בּוֹ סָרָה » « Lorsque se lèvera un témoin ‘hamas contre un homme pour l’accuser vicieusement. » (דברים יט, טז)
Rachi explique au nom du Talmud qu’il s’agit d’un témoignage sur quelque chose d’imaginaire, une pure invention. L’intention ici est de disqualifier la crédibilité de la personne et de lui porter préjudice par un faux témoignage. (רש »י שם)
Note : Il s’agit ici de témoins dits zomemim. (בבא קמא עב:) De quoi s’agit-il ? Il s’agit de porter une accusation totalement mensongère dans le but de créer un dommage à la personne accusée faussement, qui peut aller jusqu’à son assassinat. (מכות ה.) Voici un exemple : si deux témoins zomemim portent une accusation contre une tierce personne et témoignent qu’il a transgressé chabbat, qu’il a commis un meurtre ou à eu une relation intime avec une femme mariée, l’accusé risque la condamnation à mort ! Car la loi est établie dans ces cas à partir de deux témoins. (גיטין ב:) Pour contrecarrer ce témoignage pervers, il faut que deux autres témoins témoignent contre les témoins zomemim. De quelle manière ? En déclarant : « Comment pouvez-vous dire qu’untel a commis telle transgression, tel jour, à tel endroit et à telle heure alors que vous étiez en notre présence, à un autre endroit, ce qui rend votre témoignage totalement contradictoire ! » S’il est avéré que les deux premiers témoins sont des témoins zomemim, le dommage qu’ils ont voulu perpétrer par leurs fausses accusations leur sera appliqué. (ע’ מכות ב.)
En résumé, le ‘hamas est de la pure violence qui implique plusieurs déclinaisons : le vol dans les affaires commerciales, le meurtre, le kidnapping, la médisance et les mensonges pernicieux dans le but d’endommager. Toutes ces notions se retrouvent dans ce mouvement intégriste, mais pas seulement…
Note : J’ai relevé également une déclinaison du mot ‘hamas, évoqué par Sarah notre matriarche vis-à-vis d’Avraham. En effet, lorsque Hagar est tombée enceinte, cette dernière a méprisé Sarah sous le regard d’Avraham et Sarah lui en fit le reproche, en ces termes : « וַתֹּאמֶר שָׂרַי אֶל אַבְרָם חֲמָסִי עָלֶיךָ » = « Ma violence (‘hamasi) est sur toi, je t’ai donné ma servante et quand elle a vu qu’elle a conçu, j’en suis devenue méprisable à ses yeux. » (בראשית טז, ה) Rachi explique : je te fais porter la responsabilité de la violence que j’ai subie car lorsque tu as prié Hakadoch Baroukh Hou en lui disant : « Que me donneras-tu alors que je suis sans descendant ? », tu as prié uniquement pour toi et tu n’as pas prié pour nous deux alors que ta prière aurait certainement été acceptée. Tu as donc agi avec violence à mon égard car tu as écouté mon humiliation tout en restant silencieux. (רש »י שם) Nous apprenons d’ici que le silence peut également être une forme de violence = ‘hamas !
Bien que nos Sages, de mémoire bénie, nous aient déjà expliqué que la profondeur de la justice divine est inaccessible à l’entendement humain פסחים נד: – זוהר משפטים צט:)), nous avons tous la foi, pleine et entière, qu’elle est totalement juste, fondée sur le principe divin de mesure pour mesure. (שבת קה: – נדרים לב. – סנהדרין צ.) Les Sages nous ont ainsi enseigné que la souffrance ne frappe pas gratuitement l’homme (ע’ חולין ז:) et que lorsque celle-ci se présente, l’homme a le devoir de scruter ses actions. (ברכות ה.)
Le Rambam זיע »א ainsi que Maran Rabbi Yossef Caro זיע »א tranchent la loi suivante : « Lors de chaque jour de jeûne institué sur la communauté à cause de souffrances (épidémies, guerres ou famines…), le Bet Din et les anciens se réunissent à la synagogue pour entreprendre des recherches. Ils enquêteront sur les actes des hommes de la ville, après la prière du matin, jusqu’à la moitié de la journée, et écarteront les embûches, c’est-à-dire ceux qui commettent du ‘hamas ou tout autre transgression… On lira la paracha contenant les bénédictions et les malédictions puis on fera la prière de l’après-midi en multipliant les supplications et les cris de détresse, chacun en fonction de ses possibilités. » (הלכות תענית פ »א הי »ז – ש »ע או »ח סימן תקעו)
Ainsi, nous avons le devoir moral et éthique de nous remettre en question et de comprendre la source du malheur qui s’est abattu sur le peuple d’Israël le 7 octobre 2023.
D’après ceci, je me suis posé une question simple, celle qui incombe à tout membre du peuple juif de se poser : pourquoi ? Qu’est-ce qui a pu entraîner les événements du 7 octobre ? Est-ce qu’une certaine forme de ‘hamas est pratiquée sur la terre d’Israël ?
Commençons par introduire les paroles de remontrance du prophète Ézéchiel dont les prophéties s’appliquent à la génération post-messianique : « Ce sera son territoire, sa propriété en Israël et Mes princes n’exploiteront plus Mon peuple mais ils abandonneront la terre à la maison d’Israël. Ainsi parle l’Eternel D.ieu : c’en est trop de votre part, princes d’Israël ! Écartez le ‘hamas et la corruption ! Pratiquez la justice et l’équité, débarrassez Mon peuple de vos exactions, dit l’Eternel D.ieu ! Munissez-vous de balances exactes ! » (יחזקאל מה, ח-ט)
Pour sa part, Rachi interprète ainsi ces mots : « Débarrassez Mon peuple de vos exactions », autrement dit : « Cessez de séparer Mon peuple de son héritage. » (רש »י שם)
Le Radak זיע »א explique : « Ils agiront comme le faisaient certains rois d’Israël, ils voleront et imposeront avec violence des taxes aux plus pauvres, que ce soit dans les villes où les campagnes, comme l’avait fait A’hav avec le vignoble de Nabot… Ils n’en feront plus ainsi dans l’avenir lorsque la royauté de David sera de retour car la grande majorité de la terre d’Israël est leur héritage. Onkelos explique également qu’il s’agit des dirigeants qui saisissent l’argent du peuple ou exploitent leur main-d’œuvre avec ou sans leur accord… » (רד »ק שם)
Par ailleurs, le prophète Ézéchiel déclare : « Ses prêtres font violence à Ma Torah. Ses chefs sont comme des loups qui déchirent la proie ne pensant qu’à verser le sang, qu’à ruiner des existences pour servir leur intérêt. » (יחזקאל כב, כו-כז)
Rachi souligne que les Cohanim, qui représentent les leaders spirituels, auraient dû faire des remontrances et enseigner la loi afin de faire connaître la justice. Mais en s’abstenant d’agir ainsi, ils sont considérés comme ayant pratiqué le ‘hamas. En ce qui concerne leurs chefs, comparés à des loups qui ont versé leur sang, il s’agit d’une allusion aux lourds impôts conçus pour dérober leur richesse aux enfants d’Israël. (רש »י שם)
note Lorsque l’homme se démunit de son argent = דמים ceci est comparé au sang et il expie de cette manière ses fautes, comme il est écrit : « Parce que le sang = דם, c’est le néfech. » (דברים יב, כג)
Il est rapporté dans le Zohar Hakadoch que le érev rav est appelé également amalékim. Comme leur nom l’indique, ils proviennent de la klipa d’Amalek qui fut la toute première des nations à combattre Israël. Sa quintessence commença à s’exprimer durant la génération du déluge et celle de la tour de Babel, lorsqu’ils eurent pour dessein de faire la guerre contre le Créateur. Ils se réincarnèrent au sein du peuple d’Israël en Égypte et leur nature profonde est la klipa d’Amalek. Ils se trouvent à la tête du peuple en tant que dirigeants d’Israël. Leur pouvoir est établi avec une très grande force et ils imposent toutes sortes d’impôts et de prélèvements sur la collectivité de telle sorte qu’ils dérobent l’argent du peuple avec violence = ‘hamas et c’est à leur propos qu’il est écrit : « Car la terre est remplie de violence = ’hamas à cause d’eux. » זוהר בראשית כה: – בראשית ו, יג))
Puisque leur origine provient d’un endroit très élevé, par nature, le érev rav correspond aux dirigeants qui ont du pouvoir et qui dominent les autres. Rabbi Éléazar a enseigné à propos du verset : « Prends tous les dirigeants du peuple… » במדבר כה, ד)) : nous apprenons d’ici que les enfants d’Israël avaient des dirigeants et il est écrit à la fin de ce même verset : « et pends-les devant l’Éternel. » שם)) Car ils étaient passibles de mort pour avoir pratiqué l’idolâtrie. Rabbi Chimon bar Yo’haï déclare à son fils : « Il est écrit : « Les dirigeants du peuple… » שם)) mais il n’est pas écrit : « Les dirigeants des enfants d’Israël. » : nous apprenons d’ici qu’il s’agissait du érev rav. Nous en trouvons une autre preuve à propos du veau d’or où il est écrit, à ce propos : « Le peuple vit que Moché tardait. » שמות לב, א)) ou encore : « Ce jour-là, il périt dans le peuple environ 3000 hommes. » שמות לב, ח)) Ainsi, à chaque fois qu’est mentionné le terme « le peuple », il s’agit du érev rav. זוהר פנחס רלז:))
Sache que le érev rav a causé d’innombrables préjudices au peuple d’Israël durant la génération de la sortie d’Égypte (זוהר ויקהל קצה.) et qu’il perdurera à travers le temps, se trouvera toujours au sein des enfants d’Israël et leur infligera toujours plus de pertes. (תיקוני זוהר קמד.)
Note : Nos Sages du Talmud, de mémoire bénie nous enseignent : Si tu vois une génération accablée par de nombreux malheurs, va enquêter sur les agissements des juges d’Israël de cette même génération car tout malheur qui survient dans le monde ne survient qu’à cause des juges d’Israël. Le Maître du monde ne fera pas résider Sa Présence divine sur Israël tant que les juges et les officiers corrompus d’Israël ne seront pas éliminés… Que signifie le verset suivant : « Car vos mains sont souillées de sang et vos doigts de péchés, vos lèvres ont proféré le mensonge et votre langue prononce l’iniquité. » (ישעיה נט, ג), « Car vos mains sont souillées de sang… » : il s’agit des juges corrompus. « Et vos doigts de péchés… » : il s’agit des greffiers des tribunaux. « Vos lèvres ont proféré le mensonge… » : ce sont les avocats. « Et votre langue prononce l’iniquité. » : ce sont les parties en cause. (שבת קלט.) Chmouel a enseigné que le Machia’h ne viendra pas avant que tous les prix ne soient identiques… Rabbi ‘Hama a dit que le Machia’h ne viendra pas tant que le gouvernement corrompu ne disparaîtra pas d’Israël… Zeiri a dit au nom de Rabbi ‘Hanina que le Machia’h ne viendra pas avant que les hommes arrogants n’aient disparu d’Israël… Rabbi Simlaï a dit que le Machia’h ne viendra pas avant que tous les juges et officiers ne disparaissent d’Israël. Jérusalem ne sera rachetée qu’en vertu de la charité… (סנהדרין צח.) Il ressort donc de tous ces enseignements à peine dissimulés du Talmud et des secrets du Zohar Hakadoch toute la signification de la position de première importance du érev rav au sein de la société juive de l’époque messianique.
En l’occurrence, le érev rav a causé bien plus de dommages au peuple juif que les nations, comme le révèle le Zohar Hakadoch. Le érev rav se trouve au sein des enfants d’Israël comme le levain mélangé à de la pâte. Ainsi, à la fin des temps, le érev rav retardera la venue du Machia’h et de la Délivrance, bien plus que les nations, comme nos Sages nous l’ont enseigné : « Qui empêche la Volonté divine de s’accomplir ? Le levain qui se trouve dans la pâte et notre soumission aux nations étrangères. » (ע’ ברכות יז.), le levain faisant référence au érev rav qui se trouve à l’intérieur même de notre peuple. (זוהר פנחס רלב:)
Dans une certaine mesure, le érev rav est comparé au mauvais penchant qui se trouve à l’intérieur de l’homme et qui est particulièrement sournois. Il est par conséquent beaucoup plus perfide et néfaste que le mauvais penchant qui se trouve à l’extérieur de l’homme et qui est comparé aux nations.
Dans l’avenir, Moché Rabbénou apportera la réparation définitive au érev rav, d’après le secret de la réincarnation. En effet, leurs âmes se situent du côté du sitra a’hra et c’est à leur propos que le prophète Isaïe a déclaré : « Car les cieux s’évanouissent comme la fumée… » (ישעיה נא, ו) dans la mesure où ils seront définitivement retranchés du peuple juif. Ils devront tous disparaître pour être définitivement effacés dans l’avenir. Seront inclus parmi eux tous ceux qui se sont convertis, mais pas au Nom du Ciel : ils seront perdus également à jamais, à l’instar du érev rav. Leur âme n’a aucune source dans la sainteté et leurs racines profondes sont reliées aux mondes qui ont été détruits avant le début de la Création et dont l’existence date de 974 générations avant la Création. ע’ שבת פח: – סנהדרין לח:)) C’est ainsi qu’il est écrit à leur propos : « Ils furent effacés de la surface de la terre. » בראשית ז, כג)) car la racine de leur âme émane de Amalek, à propos duquel il est écrit : « Tu effaceras le souvenir d’Amalek. » דברים כה, יט)) Moché Rabbénou n’a pas été protégé du érev rav et pensa qu’il pouvait leur apporter la réparation. C’est pourquoi, il leur ordonna de se circoncire afin que la Chékhina réside également sur eux. Toutefois, ils n’étaient pas dignes de cette alliance, à cause de leurs racines profondes. Par conséquent, ils n’étaient pas aptes à ce que la Présence divine réside parmi eux et c’est la raison pour laquelle la Présence divine est en exil. C’est pourquoi Moché n’entra pas en terre d’Israël et resta à l’extérieur avec la Présence divine. (זוהר בראשית כה.)
Note : Pour plus de détails concernant le érev rav, consulter la paracha de Devarim.
Quelles sont les solutions ?
Rabbi Akiva a déclaré : « Tout ce que fait Hachem est pour le bien ! » Rabbi Akiva voit le remède avant la maladie. (ברכות ס:)
Notre maître, Rabbi Akiva, grand Sage d’Israël, l’a appris de son maître Na’houm Ich Gam Zo, auprès duquel il étudia 22 ans (חגיגה יב.) Le saint homme avait l’habitude d’affirmer à propos de chaque souffrance : « Même ceci est pour le bien. » (תענית כא.) Toutefois, il s’agit ici d’un attribut divin, comme nous l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : « Hakadoch Baroukh Hou devance le remède à la maladie. » (מגילה יג:)
Ainsi, les événements du 7 octobre s’inscrivent dans le parfait déroulement du plan divin. En effet, ils ont changé le cours de l’histoire en réveillant toute une génération qui est en train de de s’unir et de se construire autour de la Providence divine. Tous les enfants d’Israël, peu importe le niveau de pratique religieuse, ont vu leurs yeux se déciller face à la Main divine. Cette épreuve redoutable est en train de réaliser le tri final : toutes les étincelles de lumière se réunissent à leur source tandis que tout celui dont la racine profonde est obscurité, est lui aussi en train de rejoindre inéluctablement sa source. C’est ainsi que le levain est miraculeusement en train de s’extraire de la pâte à laquelle il s’était mélangé, laissant ainsi le pain de la Délivrance rassasier tous les affamés de Vérité.
Note : Rabbi Moché Kordovéro a déjà écrit, il y a plus de 500 ans, que l’une des raisons des douloureuses souffrances du peuple juif à la fin des temps a pour finalité d’extraire le érev rav des enfants d’Israël. (רמ »ק זוהר שמות ז:)