
KEDOCHIM
La paracha Emor met en lumière l’exigence de sainteté dans la vie du peuple d’Israël, en particulier pour les Cohanim, qui doivent incarner une pureté exemplaire. Elle développe également le calendrier des fêtes juives, révélant comment le temps lui-même devient un espace de rencontre avec le divin. Enfin, elle rappelle la gravité des fautes sociales comme le vol et le mensonge, qui détruisent la confiance entre les hommes et compromettent l’harmonie de la société.
Auteur : Beth Chelomo
Date : 30 avril 2026
Sommaire :
- Lois spécifiques aux Cohanim : pureté, mariage, comportement.
- Exigence de perfection dans le service au Temple.
- Présentation des fêtes juives : Shabbat, Pessah, Shavouot, Roch Hachana, Yom Kippour, Souccot.
- Importance de sanctifier le temps et les rendez-vous divins.
- Lois relatives à la Menora et au pain de proposition.
- Rappel des lois sociales fondamentales (interdiction de voler, mentir…).
- Gravité des fautes envers autrui et impact sur la société.
- Responsabilité individuelle dans la construction d’un monde juste.
- Récit du blasphémateur et conséquences de ses actes.
- Idée centrale : vivre avec intégrité, dans le sacré et dans les relations humaines.
« לא תגנבו ולא תכחשו ולא תשקרו איש בעמיתו »
« Un homme ne volera pas, ne reniera pas et ne mentira pas contre son prochain. » (ויקרא יט, יא)
Rachi explique au nom du Talmud qu’il est question ici du vol d’argent qui est interdit par la Torah et non pas du kidnapping qui est mentionné dans les 10 commandements. (סנהדרין פו.) Rava a enseigné qu’il est interdit de voler même par provocation avec l’intention de restituer l’objet du vol. Cet interdit s’applique également lorsque l’auteur de l’acte à l’intention de procurer un avantage à sa victime pour lui payer le double en dédommagement – le kefel. (בבא מציעא סא:)
Qui est un ganav ? C’est celui qui prend l’argent d’un homme en cachette sans que les propriétaires ne soient au courant comme par exemple celui qui tend sa main dans la poche de son prochain pour lui prendre de l’argent. Par contre, si la personne vole de façon délibérée ou en public et par la force, il ne s’appelle pas ganav mais plutôt gazlan. Les élèves de Rabbi Yo’hanan ben Zakaï lui demandèrent : pour quelle raison la Torah a rendu plus grave la faute du ganav que celle du gazlan ? Il répondit : celui-ci a rendu l’honneur du serviteur équivalent à l’honneur du Créateur tandis que l’autre a distingué l’honneur du serviteur plus que l’honneur du Créateur. En outre, c’est comme s’il avait rendu l’œil d’en haut comme non-voyant et l’oreille d’en haut comme non entendante. (בבא קמא עט.)
C’est ainsi que le Rambam et le Maran Rabbi Yossef Caro זצ »ל ont tranché la loi comme il est rapporté dans le Choul’han Aroukh : « il est interdit de voler et ceci est une loi de la Torah. Il est interdit de voler même pour s’en amuser en pensant restituer l’objet du vol, dans le but de payer un double dédommagement ou dans le but de faire souffrir. Tout ceci est interdit afin que l’homme ne s’habitue pas à ce genre de comportement. » (הלכות גנבה פ« א ה« א – ש« ע חושן משפט שמח, א)
Rabbi Yoh’anan a enseigné : constate à quel point est grand le pouvoir du vol car la génération du déluge a transgressé tous les commandements mais le décret de leur châtiment n’a été scellé que lorsqu’ils plongèrent leurs mains dans le vol, comme il est dit : « car la terre est remplie de violence à cause d’eux. Et Me voici les exterminant de la terre. » (סנהדרין קח.)
Le Maharal de Prague זצ »ל explique que le décret a été scellé précisément à cause du vol parce que cette pratique révélait la sensibilité qui règne entre les hommes. (Je ne comprends pas ce que vous voulez dire par « révéler la sensibilité qui règne entre les hommes »). D.ieu avait suspendu son décret sévère jusqu’à ce que les êtres humains commencent à agir sans pitié les uns envers les autres. Autre raison, D.ieu ne finalise pas un décret de destruction tant que le repentir reste possible. Mais, lorsque le vol est devenu un phénomène répandu et qu’il a pénétré les fibres de la société, la restitution des biens volés est devenue techniquement irréalisable. La possibilité d’un repentir complet qui impliquait la restitution des larcins s’est alors volatilisée. C’est donc à cause du vol que le décret de destruction a été scellé. (באר שבע)
Il est vrai que la faute principale de cette génération était l’immoralité des mœurs mais tant qu’il existait au moins une paix sociale entre les hommes, la sentence d’extermination ne fut pas encore scellée. Ainsi, c’est à partir du vol et du trouble de cette paix sociale que le décret fût définitivement scellé.
Note : il est écrit : « le vol s’est dressé comme un bâton funeste. » (יחזקאל ז, יא) Rabbi Éléazar a enseigné que cela nous enseigne que le vol s’est dressé comme un bâton et s’est tenu devant Hakadoch Baroukh Hou et déclara : Maître de l’univers, il n’y a aucun intérêt ni en eux, ni dans leur multitude, ni dans ce qu’ils ont amassé et il n’y a pas de désir parmi eux. (סנהדרין קח.) – Le Maharcha explique que chaque acte d’une personne à une répercussion dans les sphères célestes où un ange est créé et témoigne de l’acte effectué. Il agit comme émissaire pour donner la récompense ou la punition correspondante. Les innombrables actes de vol ont donc fusionné sous la forme d’un bâton puissant qui s’est tenu devant D.ieu, témoignant de la dépravation de cette génération et sollicitant l’autorisation de la pleine mesure de rigueur afin de les frapper. (מהרש« א שם)
Comment peut-on faire pour se repentir de la faute du vol dont la gravité est si élevée ?
Il est rapporté dans l’Ecriture : « s’il se trouve que l’on a trouvé l’objet volé dans sa main, que ce soit un bœuf, un âne ou un agneau en vie, il paiera le double. » (שמות כב, ג) Les sages du Talmud déduisent du doublement de langage que si l’objet du vol est trouvé soit dans sa main, sur son toit, dans sa cour, dans son enclos ou à n’importe quel endroit, la loi sera la même. Il devra rembourser la valeur du vol et payer une amende du montant de cette valeur. (בבא קמא סה.) -Ainsi la Torah nous dévoile que le voleur doit payer deux fois le montant de son larcin afin de restituer ce qu’il a volé mais également ressentir le préjudice causé à son prochain. La loi concernant l’amende du voleur payant une amende correspondant à deux fois le montant du capital de l’objet volé s’appliquera en ce qui concerne les animaux vivants ainsi que tout autre objet. (בבא קמא סג:) – Cependant il faut savoir que Rav a enseigné que si un voleur fait l’aveu d’une faute sanctionnée par une amende pécuniaire celui-ci en est exempté. (בבא קמא עה.)
Ainsi l’homme devra se repentir et restituer l’objet du vol en s’excusant auprès de la personne qui a été endommagé. (Voir la loi)
Comment faire de nos jours pour se repentir de cette faute lorsque la personne après de nombreuses années se rend compte qu’il ne sait plus qui rembourser et combien rembourser ?
Rabbi Yossef Caro זצ »ל a écrit qu’il est particulièrement difficile de se repentir pour les bergers, les gabaim note 1 et les douaniers car ils ont volé le public et ne savent pas à qui rendre la somme volée. C’est pour cela qu’ils devront s’affairer aux besoins de la communauté comme faire des puits, des tranchées et des grottes. (ש« ע חושן משפט שסו, ב) note 2
note 1 : le terme gabay désigne les administrateurs des synagogues, leur trésorier et ceux qui encaissent les œuvres de bienfaisance. Il faut également ajouter les collecteurs d’impôts du roi qui récoltent les impôts et se trouvent indulgents envers leurs proches et inflexibles vis-à-vis des autres. Ils sont des voleurs à part entière. Il en va de même pour tous les dirigeants de la communauté qui agissent de cette manière. (ש« ע חושן משפט שסו, ח)
note 2 : les puits, les tranchées et les grottes servaient à l’époque de réservoir et permettaient de recueillir l’eau de pluie, indispensable pour toute la communauté. (ע‘ תענית:)
Le « ערוך השולחן » explique que lorsqu’on s’affaire aux besoins de la communauté, D.ieu oriente et organise les événements de telle manière que tout celui qui a été victime d’un vol en tirera profit selon la valeur du préjudice qu’il a subi et pardonnera. Celui qui vient se purifier obtient une aide providentielle du ciel. (שם סעיף ג)
Quel est le sens de la mitsva de l’interdiction de voler d’après le sod ?
Les Sages du Talmud nous ont enseigné que tout celui qui vole son prochain ne serait-ce que la valeur d’une prouta est considéré comme s’il lui avait volé son âme. (בבא קמא קיט.) – En effet le Ari Zal explique que chaque néchama comprend 248 membres et chacun d’entre eux possède une multitude d’étincelles de lumière. Le flux de lumière qui est attribué à chaque âme se quantifie en fonction de l’abondance qui doit être déversé depuis les mondes supérieurs. Cette abondance peut se matérialiser par l’argent dont l’homme disposera dans le monde ici-bas. Ainsi, lorsque celui-ci est dépossédé par un vol, c’est l’abondance des mondes supérieurs qui descendit pour nourrir son âme qui fut dérobée. En outre, le vol d’une prouta constitue un vol du flux d’abondance nourrissant l’âme de la victime pour cette même valeur. D’après ceci, nous pouvons expliquer également les paroles de nos Sages de mémoire bénie à propos du verset : « Yaacov resta lui seul » (בראשית לב, כה) : Les justes attachent plus de valeur à ce qu’ils possèdent qu’à leur propre personne parce que l’idée du vol les répugne. C’est d’ailleurs pour cette raison que l’Ecriture rapporte que Yaacov retourna chercher les petites fioles d’huile. (חולין צא.)
Il faut expliquer que son argent et ses biens proviennent de l’abondance des mondes supérieurs qui se déverse sur son âme. Par conséquent, s’il ne préserve pas son argent, il négligerait l’abondance qui descend vers son âme que D.ieu nous en préserve. De plus, la perte de la valeur d’une prouta dans ce monde aurait un effet miroir dans les mondes supérieurs. De ce fait, l’abondance de cette même valeur serait perdue et ne pourrait pas se déverser sur son âme. Cela justifie pourquoi les justes prennent énormément de précautions avec leur argent dans ce monde ici-bas. (שער המצות משפטים)
Le Gaon de Vilna זצ »ל a écrit : « celui qui vole son prochain et ne lui restitue pas jusqu’à la fin de ces jours-ci, le voleur ainsi que la personne qui a été volée reviendront tous les deux en réincarnation. » (הגר« א על משלי יד, כה)
Pour quelle raison celui qui a été victime d’un vol est-il puni et doit revenir en réincarnation ? De quoi est-il coupable ?
Il faut tout simplement répondre qu’il aurait dû exprimer qu’il pardonne à tout celui qui a fauté contre lui-même, contre ses biens ou son argent. Or, celui-ci n’a pas pardonné et il est puni comme il est rapporté dans le Talmud : « tout celui qui est puni par son intermédiaire (c’est à dire à cause de lui) ne pénétrera pas la cour de Hakadoch Baroukh Hou. » (שבת קמט:)
note : en effet celui qui entraîne une punition sur son compagnon est exclu d’un certain degré de proximité avec la Présence Divine. Il en est de même dans le cas d’une victime dont l’oppresseur a été puni par D.ieu. En effet, la victime a été la cause de la souffrance d’autrui. A ce titre, elle doit aussi souffrir, même si c’était justifié. (בבא בתרא כב.) Il est interdit de prier pour que Dieu punisse l’auteur du dommage. (שפת אמת שם) En effet, il faut prier pour que la souffrance cesse et pas pour que l’oppresseur soit puni. (בבא קמא צג.) Le Rekanati explique que celui qui vole son prochain devra réparer dans l’avenir cette faute en mourant une seconde fois et c’est le secret des paroles de nos Sages : « tout celui qui vole son prochain est comme s’il prenait son âme. » (רקאנטי על התורה יתרו – בבא קמא קיט.)
À présent nous comprenons pourquoi nos sages ont institué de prononcer la prière suivante même les jours de chabbat et les jours de fête avant de se coucher :
רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם הֲרֵינִי מוֹחֵל וְסוֹלֵחַ לְכָל מִי שֶׁהִכְעִיס וְהִקְנִיט אוֹתִי, אוֹ שֶׁחָטָא כְּנֶגְדִּי בֵּין בְּגוּפִי, בֵּין בְּמָמוֹנִי, בֵּין בִּכְבוֹדִי, בֵּין בְּכָל אֲשֶׁר לִי, בֵּין בְּאֹנֶס בֵּין בְּרָצוֹן, בֵּין בְּשׁוֹגֵג בֵּין בְּמֵזִיד, בֵּין בְּדִבּוּר בֵּין בְּמַעֲשֶׂה, בֵּין בְּגִלְגּוּל זֶה בֵּין בְּגִלְגּוּל אַחֵר, לְכָל בַּר יִשְׂרָאֵל, וְלֹא יֵעָנֵשׁ שׁוּם אָדָם בְּסִבָּתִי. יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ יְהֹוָה אֱלֹהַי וֵאלֹהֵי אֲבוֹתַי שֶׁלֹּא אֶחֱטָא עוֹד, וּמַה שֶּׁחָטָאתִי לְפָנֶיךָ מְחֹק בְּרַחֲמֶיךָ הָרַבִּים, אֲבָל לֹא עַל יְדֵי יִסּוּרִין וָחֳלָאִים רָעִים. יִהְיוּ לְרָצוֹן אִמְרֵי פִי וְהֶגְיוֹן לִבִּי לְפָנֶיךָ, יְהֹוָה צוּרִי וְגֹאֲלִי:
Maître du monde, je pardonne et excuse quiconque m’a irrité ou offensé, a fauté contre moi à travers mon corps, mon argent, mon honneur tout ce qui m’appartient ; qu’il ait agi par accident, volontairement, involontairement ou par méchanceté, par la parole ou l’acte. Que cela se soit produit dans la présente incarnation, ou dans une autre, de tout enfant Israël. Qu’aucun être humain ne soit châtié à cause de moi. Que ce soit la volonté de l’Eternel mon D.ieu, D.ieu de mes pères, que je ne commette plus de faute ; que les fautes que j’ai commises devant Toi s’effacent par Ta grande miséricorde, sans que ce soit au prix de souffrances et/ou de mauvaises maladies. « Que les paroles de ma bouche soient agréées, ainsi que les pensées de mon cœur, devant Toi, Eternel mon rocher, mon sauveur. » (תהילים יט, טו -ק »ש שעל המטה)
Il est rapporté dans le « ספר החינוך » qu’il existe une mitsva de la Torah de restituer un objet volé ou le cas échéant, sa valeur. L’obligation de restituer l’objet volé est applicable en tous lieux et à toute époque, aux hommes et aux femmes. Celui qui ne répare pas le préjudice matériel causé à son prochain a négligé un devoir essentiel. Malheur à celui qui n’aurait pas réparé le tort provoqué avant de mourir ! (ספר החינוך מצוה קכה) Tossefot explique que bien qu’il soit possible qu’une personne ne sache pas qu’elle fusse victime d’un vol, elle doit clairement exprimer qu’elle pardonne d’un cœur entier celui (ceux) ou celle(s) qui auraient pu lui porter un préjudice, quel qu’il soit. (בבא בתרא כב. ד »ה אנא)
« Maître du monde, je pardonne et excuse quiconque m’a irrité, a fauté contre moi à travers mon corps, mon argent, mon honneur ou tout ce qui m’appartient qu’il ait agi par accident, volontairement, involontairement par méchanceté, par la parole ou l’acte. Que cela se soit produit dans la présente incarnation ou dans une autre réincarnation de tout enfant d’Israël. Qu’aucun homme ne soient châtiés à cause de moi… »
Le Ben Ich ‘Haï זצ »ל a écrit : « Il sera particulièrement bénéfique que l’officiant avant la prière du kol nidré déclare en public : « Machia’hurs, pardonnez-vous les uns et les autres ! » La communauté répondra : « nous avons pardonné ! ». A ce moment précis, s’éveillent des avocats dans les mondes supérieurs pour Israël et c’est ainsi que nous avions la coutume de procéder à Bagdad. » (בן איש חי ש« א וילך אות ה)
Rabbi Mena’hem Azaria de Pano זצ »ל a écrit : « s’il n’a pas remboursé son prochain de son vol, même la mort ne pourra expier totalement cette faute comme il est écrit : « tel est le sort de quiconque cherche le garde, il prend la vie de ceux qui le possèdent. » (משלי א, יט) Ceci s’applique dans le cas où la victime n’a pas pardonné. En outre, il sera grandement bénéfique que la victime pardonne durant son vivant celui qui l’a volée, qu’il soit vivant ou mort. » (עשרה מאמרות מאמר חיקור דין פרא יח)
Le Ben Ich ‘Haï זצ »ל a écrit : celui qui a enseigné au public un enseignement erroné qui a entraîné un dommage devra faire tous les efforts possibles pour les remettre dans le droit chemin par le repentir. Il accomplira des commandements qui donneront du mérite au public comme faire imprimer des livres saints. Ces derniers représentent la nourriture de tout homme et sont accessibles à tout un chacun. Il est évident que de nombreuses personnes étudieront de génération en génération ou bien toute autre chose qui rendra méritant le public par son intermédiaire. (רב פעלים ח« א יו« ד סימן מד שאלה ד)
Il est rapporté dans le Zohar Hakadoch : « celui qui se repentit sans prendre le soin de rendre l’objet de son vol, ressemble à celui qui s’immergeait avec un être rampant dans sa main. » (זוהר עקב רעג.)
Rabbi ‘Haïm Vital זצ »ל a écrit au nom du Ari Zal à propos du verset : « tu ne pourras pas voir le bœuf de ton frère ou son agneau égaré et te dérober. Tu les ramèneras à ton frère. Si ton frère n’est pas proche de toi ou que tu ne le connaisses pas, tu l’amèneras à l’intérieur de ta maison, il sera avec toi jusqu’à ce que ton frère le recherche et tu le lui rendras. » (דברים כב, ב) (je ne comprends pas la première phrase)
Tout homme qui trouve un objet perdu, ne le rend pas à son propriétaire et ferme les yeux en se détournant de cette mitsva, subira ce qu’il a causé mesure pour mesure. En effet, après sa mort, lorsque son âme quittera son corps pour s’élever dans les hauteurs, celle-ci ne sera pas réparée et ne pourra pas accéder à son lieu de repos. Elle devra revenir dans le monde ici-bas et n’aura pas le mérite de revenir en ibour. Hakadoch Baroukh Hou verra son âme perdue et fermera ses yeux en détournant sa Providence, à l’image de celui qui avait fermé les yeux sans rendre l’objet perdu. Hachem n’enverra pas l’âme d’un certain juste pour l’aider à accomplir sa réparation. (שער הפסוקים כי תצא)
Note : Le Ari Zal explique qu’il y a une grande différence entre la réincarnation d’une âme que l’on appelle « guilgoul » et l’attachement d’une âme à une autre que l’on appelle « ibour« . Le guilgoul vise à corriger un dommage réalisé lors d’une incarnation antérieure. Cette âme entre dans le corps d’une personne au jour de sa naissance et ne peut pas la quitter avant le jour de sa mort. Elle ressent les afflictions subies par le corps physique, y compris les souffrances associées à la mort. Cependant, parfois l’âme d’un juste descend dans ce monde et s’attache à une personne pour l’aider à traverser une épreuve difficile ; elle ne vient pas pour rectifier ses propres imperfections. Elle n’entre pas en cette personne le jour de sa naissance, mais simplement s’attache à elle pour l’aider momentanément en cas de besoin. Par conséquent, elle n’est pas obligée de supporter la souffrance du corps. Aussi, cette âme profite des bonnes actions de l’individu qui l’accueille. Mais si ce dernier vient à fauter que D.ieu nous en préserve, l’âme du juste abandonne le corps avant qu’elle ne soit entachée par les transgressions de la personne comme il est dit : « Retirez-vous, de grâce, d’auprès des tentes de ces impie. » (במדבר טז, כו) Ainsi, les âmes des tribus ne se sont pas réincarnées au sein des explorateurs à proprement parler, mais se sont attachées et unies aux âmes des explorateurs temporairement pour les aider à surmonter l’épreuve difficile qui les attendait. Par conséquent, lorsque les explorateurs décidèrent de dire du mal de la terre d’Israël, les âmes des fils de Yaacov les quittèrent avant même qu’ils n’aient fauté afin de se préserver des klipot créées par ces transgressions. Et c’est le sens du verset : « Ils allèrent, ils vinrent vers Moché et Aharon. » (במדבר יג, כו) Il convient d’être attentif aux mots précis du verset : pourquoi est-il écrit : « Ils allèrent » ? Or ils venaient tout juste de rentrer comme il est écrit : « Ils revinrent de l’exploration du pays au bout de quarante jours. » (במדבר יג, כה) Par conséquent, il aurait dû être écrit : « Ils vinrent vers Moché et Aharon. » Il faut donc comprendre que les mots « ils allèrent » se rapportent aux âmes des tribus qui quittèrent les explorateurs et qui retournèrent au Gan Éden. Les mots « ils vinrent vers Moché et Aharon » se rapportent aux explorateurs qui revinrent de leur mission avec une mauvaise intention. (שער הגלגולים הקדמה ה)