« בחדש הראשון בארבעה עשר לחדש בין הערבים פסח לה’… »
« Au premier du mois, au 14 du mois, entre les deux soirs c’est Pessa’h pour l’Eternel… » (ויקרא כג, ה)
La fête de Pessa’h contient de nombreuses mitsvot de la Torah mais également d’autres instituées par nos Sages de mémoire béni. Toutefois, la mitsva central de ce moment merveilleux est de raconter le récit de la sortie d’Égypte à nos enfants comme il est écrit : « ce sera quand vos fils vous diront : qu’est-ce que ce rite ? » (שמות יב, כו) c’est alors que le Maître du monde nous ordonne : « tu raconteras à ton fils ce qu’a fait l’Eternel ce jour-là … vous saurez que Je suis l’Eternel. » (שמות יג, ח)
C’est à ce propos qu’il est enseigné dans la Michna : on servira un deuxième verre de vin et l’enfant posera la question à son père. Si le fils n’a pas de discernement, le père lui enseignera : quelle différence y a-t-il entre cette nuit-là et toutes les autres nuits. Les Sages ont expliqué : si le fils est perspicace il posera naturellement la question et s’il ne l’est pas c’est à la femme du foyer de poser la question. Si l’homme n’est pas marié, il se posera la question à lui-même. Même deux érudits qui connaissent parfaitement les lois de Pessa’h se poseront mutuellement la question. (פסחים קטז.)
Ce passage du Talmud est repris mot pour mot dans la halakha par le Maran Rabbi Yossef Caro זצ »ל qui a tranché la loi ainsi. (ש »ע או »ח סימן תעג, ז)
En effet la célèbre question ce soir du seder : « מה נשתנה הלילה הזה מכל הלילות » quelle différence y a-t-il entre cette nuit-là et toutes les autres nuits ? Est relié à quatre thèmes :
Premièrement : pourquoi faisons-nous ce soir-là deux ablutions des mains avant le repas tandis que durant toute l’année nous en faisons qu’une ?
Deuxièmement : pourquoi durant toute l’année nous consommons du ‘hamets ou de la matsa alors que durant ce soir-là nous mangeons uniquement de la matsa ?
Troisièmement : pour quelle raison durant toute l’année nous consommons toutes sortes de légumes alors que durant ce soir nous consommons du maror ?
Quatrièmement : pour quelle raison durant toute l’année nous mangeons et buvons aussi bien en position assise quand position accoudée alors que ce soir-là nous somme tous accoudés uniquement ? (הגדה פסח)
Pour quelle raison les Sages de la Hagada de Pessa’h ont-ils institué que les enfants posent précisément quatre questions durant l’ouverture du seder ?
Commençons notre développement en introduisant une autre question : quelle est la première question qui était mentionnée dans l’Ecriture ? La première question de la Torah se trouve dans le premier verset du troisième chapitre de la paracha Berechit : « le serpent était rusé plus que tout autres animaux des champs que fit l’Eternel D.ieu. Il dit à la femme : n’est-ce pas que D.ieu a dit que vous ne mangerez pas de tout arbre du jardin ? » (בראשית ג, א) Rachi explique que le serpent voyait pourtant Adam manger des autres fruits. Cependant il a multiplié les paroles inutiles afin qu’elle lui offre l’opportunité par ses réponses de parler de l’arbre défendu. (רש »י שם)
Nous apprenons d’ici que la stratégie du serpent était basée sur le questionnement et c’est ainsi qu’il a réussi son stratagème pour faire fauter Adam et ‘Hava qui tombèrent dans son piège comme il est écrit : « le serpent dit à la femme : vous ne mourrez pas ! Car D.ieu sait que le jour où vous en mangerez vos yeux s’ouvriront et vous serez comme D.ieu connaissant le bien et le mal. La femme vit que l’arbre était bon comme nourriture, qu’il était attrayant pour les yeux, que l’arbre était précieux pour l’intelligence. Elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari avec elle et il mangea. » (בראשית ג, ד-ה-ו)
Parallèlement on peut remarquer quelque chose d’incroyable : après la faute de l’arbre de la connaissance, Hakadoch Baroukh Hou s’est immédiatement dévoilé à Adam et lui posa une question : « où es-tu ? » (בראשית ג, ט) Si nous analysons davantage l’Ecriture, le Maître du monde va poser quatre questions au total :
La première : « où es-tu ? » (בראשית ג, ט)
La deuxième : « qui t’a dit que tu es nu ? » (בראשית ג, יא)
La troisième : « as-tu mangé de l’arbre que Je t’avais ordonné de ne pas manger » (שם)
La quatrième question : D.ieu dit à la femme : « qu’as-tu fait ? » (בראשית ג, יג)
Ainsi le serpent a eu l’effronterie d’introduire la première question dans la création sur les décrets de l’Eternel ! Avant ce moment crucial, il n’y avait aucune notion de question et de doute dans l’univers.
Adam et ‘Hava était en ce temps primordial comme un roi et une reine qui régnait sur toute la création et dominerent toute créature de la nature comme il est écrit : « D.ieu les bénit… dominez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux qui rampent sur la terre. » (בראשית ג, כח) Nous devons comprendre que l’univers était à ce moment-là dans un état de parfait équilibre jusqu’à ce que le serpent pose une question qui à première vue était une question de halakha mais qui en réalité avait pour but d’introduire la négation contre la royauté de Hakadoch Baroukh Hou. Si elle avait compris l’intention du serpent et repousser sa question, l’honneur de l’Eternel n’aurait jamais été remis en cause ! Ceci nous démontre l’importance que ‘Hava accorda au serpent pour le laisser orienter la conversation à sa guise sur les sujets qui se trouvent dans les hauteurs du monde ! Ainsi n’ayant pas réussi à repousser le serpent, le doute et la négation ont pénétrée le monde pour s’y installer. À commencer par la génération du déluge qui a corrompu sa voix, puis par celle de la tour de Babel qui voulait se battre contre l’Eternel jusqu’à la génération de Sodome dont le poids des fautes et sans aucune mesure. (ע’ סנהדרין פרק החלק) D’après ceci nous pouvons comprendre les paroles de pharaon qui incarnait le serpent originel comme il est rapporté dans le Zohar Hakadoch. (זוהר חדש קלח:) En effet lorsque Moché s’est présenté devant pharaon en tant qu’émissaire du Maître de l’univers pour lui faire la requête de délivré Israël, il emprunta la même façon de faire que celle du serpent en posant une question de négation comme il est écrit : « qui est l’Eternel pour que j’écoute sa voix… » (שמות ה, ב)
Note : c’est le même principe qui s’applique à Essav qui demandait à Its’hak des questions sur la loi : « père ! Comment presque Nadine sur le sel et sur la paille ? » Il lui faisait croire qu’il observait minutieusement les commandements. (רש »י על בראשית כה, כז) ainsi Essav a reproduit tout simplement le même stratagème que le serpent originel dont il est la source comme il est rapporté dans le Zohar Hakadoch. (זוהר תולדות קלח.) Nous trouvons le même principe à propos de Amalek qui incarne également le réceptacle dans lequel réside le serpent originel comme il est rapporté dans le Zohar Hakadoch : « le serpent c’est Samaël, c’est Amalek ! » Il réussit à introduire une question qui relève de la négation dans le peuple juif comme il est écrit : « est-ce que l’Eternel est parmi nous. » (שמות יז, ז) Le peuple fut puni par la guerre contre Amalek comme il est écrit : « Amalek est venu. » (שמות יז, ח) ainsi l’enseignement de nos maîtres les Mékoubalim prend tout son sens lorsqu’ils nous enseignent que Amalek a la même valeur numérique que le mot safeq.
Pourquoi Hachem a-t-il choisi d’interpeller Adam et ‘Hava après la faute en posant des questions ?
Le plus sage de tous les hommes nous a déjà enseigné une grande règle générale : « D.ieu les a faits l’un en face de l’autre. » (קהלת ז, יד) Ceci nous apprend que si les forces d’impureté lèvent la tête pour combattre contre la sainteté, il faudra combattre « l’un en face de l’autre » c’est-à-dire avec les mêmes armes mais du côté de la sainteté !
Ainsi tant que le serpent n’avait pas introduit de question que sont les doutes dans le monde contre le Créateur et ces commandements, il n’y avait aucun besoin d’introduire des questions du côté de la sainteté car tout était limpide de clarté. Mais à partir du moment où le serpent a introduit les doutes et la négation par les questions dans la création faisant chuter l’homme dans son piège, il n’y a ni conseil ni intelligence pour combattre contre lui, il faut utiliser le même processus dans la sainteté afin de renforcer la foi en l’Eternel et ses commandements.
Comment la première question de D.ieu : « où es-tu ? » Combat elle mesure pour mesure la question du serpent ?
Pour répondre par introduire une anecdote à propos du Baal Hatania, Rabbi Chnéor Salman Miladi זצ »ל lorsqu’il fut incarcéré à Pétersbourg, après avoir été dénoncé faussement par ses ennemis d’avoir comploté contre la couronne. Le directeur de la prison qui avait entendu parler du juste comme étant éminent dans la Torah lui demanda de lui expliquer pourquoi D.ieu demanda-t-il à Adam où se trouvait-t-il après la faute. Hachem ne savait-il pas où se trouvait Adam ? Évidemment que D.ieu savait parfaitement où il se situait. Le Baal Hatania lui répondit avec son feu ardent de sainteté que D.ieu n’a pas demandée : « où es-tu ? » pour savoir où se localisait Adam de façon physique mais plutôt il lui demanda à propos de sa stature spirituelle : « où es-tu ? » En d’autres termes Hachem lui demanda : « comment as-tu pu tomber des hauteurs des mondes supérieurs et atterrir au fin fond des profondeurs le plus bas ? Avant la faute, tu étais supérieur aux anges et aux séraphins et à présent tu es dénudé de la seule mitsva que Je t’ai ordonnée et que tu n’as pas pu préserver ! » Le Baal Hatania ajoute : dans chaque génération la question : « où es-tu ? » résonne dans l’espace où se trouve la création qui signifie : réfléchit et observe dans quelle situation tu es spirituellement ?
À présent nous saisissons le sens de la question de D.ieu à Adam qui avait pour but de faire face à la question du serpent. En effet le but de la question du serpent était de faire tomber Adam et ‘Hava depuis leur dimension supérieure jusqu’au fond du puits dans les profondeurs des plaisirs et des klipot ! Tandis que la question de D.ieu avait pour but d’introduire une pensée de repentir en prenant conscience de la hauteur dans laquelle il se trouvait ! Ceci allait éveiller sa force de courage pour rétablir la situation.
À présent nous comprenons pourquoi les Sages ont institué que les enfants posent précisément quatre questions le soir du seder qui corresponde aux quatre questions que D.ieu posa a Adam le premier homme.
Cependant nous devons comprendre pourquoi D.ieu a-t-il posé précisément quatre questions ? De plus pourquoi les enfants doivent-ils poser également quatre questions correspondant aux quatres questions de D.ieu ?
Voici les enseignements du Chlah hakadoch זצ »ל qui explique que le soir du seder nous réparons la faute du veau d’or. Voici ces paroles : « la matsa et le vin sont une réparation de la faute d’Adam d’après l’enseignement des Sages de mémoire béni : « certains disent que l’arbre de la connaissance était le blé tandis que d’autres disent que c’était la vigne. » ברכות מ.) ) Les deux opinions sont des paroles de vérité pour celui qui en saisit leurs allusions. La matsa répare le blé et le vin répare la vigne. של »ה הקדוש פסחים פרק תורה אור) )
On peut y ajouter l’enseignement du Bné Issakhar : « nos Maîtres les Mékoubalim ont écrit que les deux termes עץ הדעת = arbre de la connaissance ont la même valeur numérique que les termes חמץ שאר = ‘hamets orge. Se préserver du ‘hamets et de l’orge répare la faute de l’arbre de la connaissance. » ניסן מאמר ח אות ז) )
Il est rapporté dans le Midrach que le peuple juif devait traverser quatre exils avant d’atteindre la délivrance finale comme il est rapporté à propos du verset : « והארץ היתה תהו » « Et la terre était tohu bohu et les ténèbres régnaient sur la surface de l’abîme ». בראשית א, ב)) « tohu » représente l’exil de בבל = Babylone. « Bohu » c’est l’exil de מדי = Perse. « L’obscurité » c’est l’exil de יון = Grèce. « Sur la face de l’abîme » c’est l’exil de אדום = Edom (l’Occident).בראשית רבה ב, ד) )
Le Ari hakadoch demande pourquoi les Sages du Midrach n’ont-ils pas mentionné l’exil Egyptien qui était plus grand et plus dur que tous les autres exils ?
Le Ari Zal répond à sa question en expliquant que l’exil Égyptien était le premier exil général et fondateur qui incluait le fondement des quatre autres exils : celui de Babylone, de Perse, de Grèce et d’Edom ; c’est pour cela que les Sages du Midrach ne l’ont pas mentionné. ליקוטי תורה ושער הפסוקים כי תצא))
note : Le ‘Hidaזצ »ל explique également que l’exil Égyptien incluait les quatre autres exils. Il apporte une allusion que l’on trouve dans le premier verset de la paracha « chemot » : » ואלה שמות בני ישראל הבאים מצרימה « = « et voici les noms des fils d’Israël venu en Égypte » שמות א, א)) Le mot באים = « venu » est composé des quatre lettres qui sont l’acronyme des quatre exil : Babylone = בבל, La Perse = מדי , La Grèce = יון, Edom = אדום. שמחת הרגל על הגדה פסח לימוד ב))
Nous comprenons pourquoi les Sages ont institué de boire quatre coupes de vin qui corresponde aux quatre langages de délivrance dans laquelle 4 termes sont utilisés pour la délivrance : « והוצתי, והצלתי, וגאלתי, ולקחתי » « Je t’ai sorti, Je t’ai sauvé, Je t’ai délivré, Je t’ai pris. » c’est sur ces 4 termes que les Sages ont décrété de boire 4 verres de vin à Péssa’h.
A priori, une seule coupe aurait dû suffire ! Cependant d’après ce que nous avons appris, l’Égypte était un exil global incluant les quatre futurs exils ainsi que les quatre futures délivrances ! Cela aussi nous apprend que les 4 exils et leurs délivrances sont inclus dans l’exil Egyptien.
À présent notre cœur peut se réjouir de la raison pour laquelle D.ieu a posé quatre questions à Adam et ‘Hava après la faute de l’arbre de la connaissance. En effet s’il ne s’était pas laissé séduire par le serpent, il n’aurait jamais été exilé du Gan Éden et la notion d’exil n’aurait jamais existé ! Seulement après s’être rebellé contre D.ieu, l’ange de la mort, le mauvais penchant à pénétrer le monde et le peuple d’Israël qui était inclus dans Adam ont également participé à la faute. (ליקוטי תורה תהילים לב) Ainsi ils devront traverser quatre exils difficiles avant de bénéficier de la délivrance. Le maître du monde devance toujours le remède à la maladie. (מגילה ו.) Ainsi en demandant quatre questions à Adam et ‘Hava qui corresponde aux quatre exils qui eux-mêmes correspondent aux quatre klipot que sont les quatre questions afin de nous enseigner qu’il faudra fournir des efforts difficiles pour répondre aux questions qui correspondent aux quatre exils.
En effet l’essence même de l’exil est enfouie dans le devoir de poser des questions comme l’a exprimé le roi David : « pourquoi les nations disent-t-il : où est votre D.ieu ? » (תהילים קטו, ב) c’est par la réponse que nous pourrons mériter de briser le joug de l’exil. Ainsi nous comprenons à présent la réponse qui est fournie dans la Hagada : « nous étions esclaves pour pharaon en Égypte et l’Eternel notre D.ieu nous a sorti de là-bas… » (הגדה פסח)
note : d’après ses enseignements nous pouvons comprendre pourquoi toute la Torah écrite et orale est abordée par nos Sages sous forme de questions car tu dois savoir que la question provient de l’arbre de la connaissance du bien et du mal qui domine la dimension de notre réalité. Dans l’avenir lorsque nous aurons effectué la réparation du monde avec l’aide de D.ieu, nous retournerons dans notre dimension originelle qui dépend de l’arbre de la vie, la ou les questions n’existent plus…