
Dans Terouma, la Torah ne demande pas seulement un don matériel, mais un ordre royal intérieur : que la néchama (cerveau) dirige le roua’h (cœur), qui entraîne le néfech (foie) vers l’action juste. Quand cet ordre est respecté, l’homme devient comme un roi qui gouverne son royaume; et la terouma (tsédaka, offrande) purifie le cœur et le corps pour servir Hachem avec désir authentique.
Auteur : Rav Seror
Date : 19 février 2026
Terouma : Un ordre royal
« דבר אל בני ישראל ויקחו לי תרומה מאת כל איש אשר ידבנו לבו «
« Parle aux enfants d’Israël : qu’ils prennent pour Moi un prélèvement de tout homme que son cœur incitera » (שמות כה, ב)
Lorsque nous observons l’homme, création extraordinaire d’Hakadoch Baroukh Hou parmi toutes Ses créatures, nous constatons l’existence de trois aptitudes fondamentales que sont : la pensée, la volonté et l’action. Les Sages nous ont enseigné que ces trois aptitudes résident dans trois organes vitaux du corps humain : le cerveau, le cœur et le foie.
Nos Maîtres, les Mékoubalim nous ont enseigné que ces trois aptitudes fondamentales matérialisées par le cerveau, le cœur et le foie correspondent aux trois parties de l’âme : néchama, roua’h et néfech. (תולדות אדם)
La néchama est la partie supérieure de l’âme qui réside dans le cerveau, d’où provient la capacité de réflexion de l’homme. La force de volonté prend sa source dans la deuxième partie de l’âme que l’on appelle roua’h. Celle-ci réside dans le cœur de l’être humain. Enfin, la capacité d’agir et de mettre en mouvement le corps provient de la troisième partie de l’âme qui est le néfech. Le néfech réside dans le foie qui purifie le sang comme il est écrit : « Parce que l’homme est le néfech. » (דברים יב, כג)
Les Sages nous ont enseigné que le but de la création de l’homme est de faire dominer sa néchama sur la volonté qui provient de son cœur. Les désires du cœur ainsi dominés par la néchama, pourront entraîner le néfech à réaliser la volonté de l’Eternel dans l’accomplissement de la Torah et des mitsvot. Ainsi l’homme pourra agir de façon ordonnée, d’après l’ordre de ses organes : le cerveau, le cœur et le foie qui font référence à la royauté qui elle aussi est toujours strictement structurée de façon hiérarchique. L’homme doit donc parvenir à gouverner son corps tel un souverain qui gouverne son royaume. Cette aptitude à laquelle tout juif doit tendre est subtilement contenue en allusion dans les initiales de ces trois organes :
Le cerveau = מח
Le cœur = לב
Le foie = כבד
Qui forment le mot roi = מלך.
Cependant, si cet ordre venait à s’inverser, à D.ieu ne plaise, autrement dit si le néfech, qui représente le côté animal de l’homme, dominait la volonté du cœur, cela entraînerait un éveil ardent aux envies primaires de ce monde. La pensée serait alors utilisée pour assouvir un manque toujours grandissant et asservie à des fins tristement triviales. Nos trois organes organisés dans le sens inverse seraient alors :
Le foie = כבד
Le cœur = לב
Le cerveau = מח
Les initiales de chacun de ces mots forment le terme exterminer = כלם car l’homme qui évoluerait à travers une telle organisation physiologique et donc métaphysique comme nous venons de le démontrer, irait inéluctablement à sa perte, aussi bien spirituelle que corporelle.
C’est le sens de l’Ecriture lorsqu’il est rapporté que Bilam l’impie voulut maudire les enfants d’Israël avec un seul mot : exterminer = כלם – c’est-à-dire que Bilam voulut inverser cet ordre fondamental afin que le côté animal s’unisse avec le cœur et asservisse la néchama divine aux envies du corps. (4)
(4) Il est rapporté dans le Talmud que Bilam voulut exterminer le peuple juif en utilisant la colère de D.ieu contre son peuple : « D.ieu se met en colère chaque jour. » (תהילים ז, יב) Le Talmud demande combien de temps dure la colère de D.ieu ? Un instant. Et cet instant combien de temps dure-t-il ? 58 888e d’une heure (soit environ 1/16 de seconde, et d’après Rabbénou Tam environ un quart de seconde) Un autre avis soutient que cet instant dure le temps nécessaire pour prononcer le mot « régua« . Aucun être vivant ne savait déterminer exactement quand cet instant a lieu à l’exception de Bilam l’impie. Il savait calculer le moment précis où Hakadoch Baroukh Hou se met en colère. Si Bilam maudissait quelqu’un à ce moment-là, la malédiction prenait effet. Rabbi Éléazar a enseigné : Hakadoch Baroukh Hou dit à Israël : Sachez combien de bonté Je vous ai accordé en maitrisant Ma colère à l’époque de Bilam l’impie, car si Je m’étais mis en colère, il n’y aurait eu aucun survivant. Et c’est le sens du verset : « Comment puis-je maudire ? Dieu n’a pas maudit. Et comment puis-je me mettre en colère ? L’Eternel ne s’est pas mis en colère. » (במדבר כג, ח) – ceci nous enseigne que pendant tous ces jours, Hachem ne se mit pas en colère. (ע »פ ברכות ז.) – Tossefot demandent : Quelle malédiction Bilam aurait-il pu prononcer durant un laps de temps aussi court ? Et Tossefot de répondre : exterminer = כלם. (ד »ה שאלמלי – שם)
Celui qui voudra purifier son corps, c’est-à-dire son foie et son cœur – le néfech et le roua’h – donnera de la tsédaka autant que possible, comme l’a ordonné la Torah :
« דבר אל בני ישראל ויקחו לי תרומה מאת כל איש אשר ידבנו לבו »
« Parle aux enfants d’Israël : qu’ils prennent pour Moi un prélèvement de tout homme que son cœur incitera » (שמות כה, ב) Les Sages enseignent qu’un homme fera un prélèvement et donnera à l’Eternel non seulement par l’intellect ou réside la néchama qui désire ardemment servir l’Eternel, mais également avec son cœur = לב et son foie = כבד qui sont le lieu de résidence du roua’h et du néfech afin qu’il puisse désirer profondément servir l’Eternel et c’est le sens de notre verset :
« דבר אל בני ישראל ויקחו לי תרומה מאת כל איש »
Le foie = כבד
Le cœur = לב
Ainsi en donnant une terouma – un don – d’une partie de ce qu’il aura gagné par l’effort de son labeur, cela lui permettra d’épurer son corps et de servir son Créateur de façon authentique et souveraine.