Vayikra

L’humilité est le fondement de toute la Torah et la clé qui permet à l’homme de faire résider la Présence divine en lui. Plus encore que les sacrifices, elle constitue la véritable réparation des fautes, en éloignant le mauvais penchant et en empêchant la faute elle-même.

Auteur : Beth Chelomo

Date : 26 mars 2026

Sommaire :

À travers des sources du Talmud et des grands maîtres (Ari Zal, Rabbi ‘Haïm Vital, Rabbénou Yona), le texte explique que :

  • L’humilité a une valeur supérieure à tous les sacrifices réunis
  • Elle neutralise le mauvais penchant
  • Elle attire la Présence divine
  • L’orgueil, au contraire, éloigne Hachem et mène à la faute

Ainsi, les sacrifices ne sont qu’une conséquence de la faute, tandis que l’humilité en est la véritable réparation à la racine. La Torah commence donc Vayikra par cet enseignement essentiel : cultiver l’humilité permet d’éviter la faute et rend les sacrifices presque inutiles.

 » אדם כי יקריב מכם קרבן לה’« 

« Un homme qui apportera, de parmi vous, une offrande pour l’Eternel » (ויקרא א – ב)

Le « בעל הטורים » nous a déjà expliqué que la lettre א contenue dans le mot Vayikra = ויקרא est écrit en petite taille dans le sefer Torah pour nous enseigner la grande humilité de Moché Rabbénou. (בעל הטורים על ויקרא א, א)

Pourquoi Hakadoch Baroukh Hou nous parle-t-il de l’humilité de Moché avant même de nous enseigner les lois des sacrifices, sujet essentiel du livre Vayikra ?

Il est rapporté dans le Talmud : « Rabbi Yéhochoua ben Lévi a enseigné : viens et constate la grandeur des hommes humbles devant Hakadoch Baroukh Hou : au moment de l’édification du Temple, l’homme pouvait apporter un sacrifice Ola et être récompensé pour son sacrifice Ola, s’il apportait un sacrifice Min’ha, il était récompensé pour celui-ci mais pour l’homme humble l’Ecriture témoigne à son égard que son offrande valait tous les sacrifices réunis comme il est écrit : « les sacrifices agréables à D.ieu proviennent de celui qui a le cœur brisé. » (סוטה ה: – תהילים נא, יט)

Nous pouvons également répondre en rapportant les paroles de Rabbi ‘Haïm Vital זיע »א qui a écrit au nom de son maître le Ari Zal à propos de celui qui est humble : le mauvais penchant n’a aucune emprise sur lui. En effet le mot humilité = ענוה a la même valeur numérique que le mot Samaël = סמאל qui est le nom du mauvais penchant, soit 131. Ceci empêche le mauvais penchant de porter des accusations contre l’homme humble. (שער היחודים פרק ו מענף ג)

De plus Rabbi ‘Haïm Vital rapporte un autre enseignement au nom de Rabbi Aharon Brekhia זיע »א qui explique que dans le psaume 131, que l’on récite contre le mauvais penchant, le roi David s’exprime ainsi : « Eternel, mon cœur n’est pas orgueilleux, mes yeux ne sont pas hautains. Je ne recherche pas de choses trop élevées pour moi, qui sont au-dessus de ma portée. » (תהילים קלא, א) Le roi David vient nous enseigner que le mauvais penchant ne peut être soumis que par l’humilité, sans cœur orgueilleux ni yeux redressés.

Pour quelles raisons précisément l’humilité a-t-elle la force d’annuler le mauvais penchant ?

Le « אמרי יוסף » a écrit que l’humilité était le fondement de toute la Torah comme il est rapporté dans le Talmud : « un homme doit constamment apprendre des traits de caractère du Créateur car Hakadoch Baroukh Hou a délaissé toutes les montagnes élevées pour faire résider sa Présence divine sur le mont Sinaï. » (סוטה ה:) Par contre à propos de l’orgueilleux il est écrit : « Hakadoch Baroukh Hou a dit à propos de celui qui est hautain : Moi et lui nous ne pouvons résider ensemble dans le monde. » (שם)

Rabbénou Yona זיע »א a écrit dans son œuvre « שערי תשובה » : « au-delà du fait que l’orgueil amène à la faute, ce trait de caractère en lui-même est déjà une faute comme il est écrit : « le cœur hautain est une abomination pour l’Eternel. » (משלי טז, ה) – Ainsi celui qui est orgueilleux se trouve entre les mains du mauvais penchant car il ne peut bénéficier de l’aide d’Hachem n’étant pas avec lui. » (שער ראשון אות כז)

À présent nous pouvons comprendre les paroles du Ari Zal : puisque l’humilité a la capacité d’annuler le mauvais penchant, la Présence divine s’en trouve automatiquement attirée, ce qui nous permet de bénéficier d’une aide providentielle. Et c’est le sens de la conclusion du psaume 131 du roi David : « qu’Israël mette son attente en l’Eternel, désormais et pour l’éternité ! » (תהילים קלא, ג)

En effet le roi David emploie tout d’abord un langage d’humilité : « mon cœur n’est pas orgueilleux, mes yeux ne sont pas hautains » (שם א) – par conséquent il demande à ce que le Maître de l’univers puisse faire résider Sa Présence divine sur lui comme il est rapporté dans le Talmud : « tout celui qui dit que David a fauté se trompe comme il est écrit : « David avait du succès dans toutes ses voies et l’Eternel était avec lui. » (שמואל א יח, יד) – Est-il possible que David ai fauté et que la Présence divine soit avec lui ? (שבת נו.)

Il ressort clairement de ce passage du Talmud que celui qui a le mérite de voir la Présence divine résider sur lui ne peut certainement pas être un fauteur. Ainsi celui qui a fauté doit apporter un sacrifice pour expier sa faute car l’orgueil qui est à l’origine de son péché a entraîné le retrait de la Présence divine.

D’ici découle la réponse à la question : pourquoi le premier enseignement du livre de Vayikra traite de l’humilité de Moché. Bien que les sacrifices existent pour expier les fautes provoquées par notre orgueil, fautes qui entrainent le retrait de l’aide providentielle, le Maître de l’univers a souhaité commencer ce troisième livre de la Torah en enseignant l’humilité car la réparation de toutes les fautes a pour origine l’humilité. Cette dernière nous permettra de faire résider la Présence divine ici-bas, ce qui nous aidera à lutter contre le mauvais penchant et nous évitera de fauter rendant ainsi inutiles les sacrifices

Ainsi s’éclairent les paroles énigmatiques du roi Salomon : « qui connaît l’état d’esprit des hommes s’élevant vers le haut tandis que celui de l’animal descend en bas vers la Terre. » (קהלת ג, כא) – Cela signifie : qui connaît le remède pour l’homme qui s’élève dans les hauteurs à cause de son orgueil ? Le roi répond : Hakadoch Baroukh Hou a ordonné d’apporter un animal en sacrifice devant Lui car la nature de l’animal est de baisser la tête, preuve de son humilité. Ceci pour apprendre à l’homme cette qualité indispensable