Berou’him Habaïm ! Une vingtaine d’élèves nous accueillent avec un grand sourire à l’occasion de l’inauguration des nouvelles classes construites par Beth Chelomo.

Le maître va nous montrer qui ils sont ces petits Tsadikim et déjà il met ses élèves (Kita Dalet) à l’épreuve. Rien de plus qu’une Guémara dans Baba Métsia (page 32:) pour nous épater : Question : vous êtes sur le chemin et vous voyez deux hommes avec chacun un âne chargé qui s’écroule sous la charge, l’un est votre ami l’autre votre ennemi, lequel aidez-vous en premier ?

Tous les petits doigts se lèvent en même temps…
– Yossef Haïm !
– J’aide mon ennemi d’abord, Monsieur.
– Pourquoi ?

A nouveau les doigts se lèvent mais moins nombreux que la première fois…
– Moché !
Kédé Lakouf èt Yitsro : Pour corriger ses Midot (traits de caractère).
– C’est bien Moché, c’est toujours plus difficile d’aider sont ennemi et il faut faire un grand effort sur soi.

Nous entrons dans une autre classe (Kita Guimel). Salomon Chachoua tient à leur poser la même question. Le maître, pas très à son aise, re-explique la question qui n’est visiblement pas de leur niveau – Quel âne aider en premier ? Chimone !
– Celui de mon ennemi, Monsieur, car je veux qu’il devienne mon ami !

Bon le petit Chimone s’en est bien sorti et aussitôt le maître enchaîne sur un terrain qui leur est plus favorable. Il me tends un livre de 150 pages environ. Choisissez une Mishna au hasard et lisez le premier mot… et tous les élèves de continuer en cœur (et par cœur). Un autre mot, et les revoici repartis de plus belle. Impressionnant !

Dans la Kita Beth le décors est un peu différent, car un gros paquet de bombons est ouvert sur la table du maître. Les élèves sont testés sur le calcul. Ils sont imbattables et connaissent déjà toutes leurs tables de multiplication.

Bravo à tous !

Dans le bureau du directeur, l’inspecteur du ministère de l’Éducation, qui lui aussi reviens d’une tournée juste avant nous, nous salue avec un grand sourire, « ils sont bons n’est-ce pas, c’est l’une des meilleures écoles de la ville ».

Le Rav Nissim Peretz zatsal, qui nous a quitté il y a quelques mois, doit être très fier de ses élèves de là où il est. Mainte­nant c’est son fils le Rav Chalom Peretz chlita qui le remplace à la tête des institutions. Nous sommes venu le voir pour lui demander la contribution des enfants. «Voilà, nous souhaiterions que les jeunes prodiges lisent des Téhilim pour nos donateurs». La force des Téhilim lus pas les enfants n’a pas de pareil. Ils sont capables de changer tout décret en haut dans le ciel.

«D’accord, dit-il, les plus grands se partageront le livre de Tehilim tous les vendredi de 11h à 11h20».  Le Rav Chalom insiste sur la force des Psaumes lus par des enfants, «c’est plus fort que les Korbanot. Ils sont proches des anges nous dit le Midrach (Tinokot chel Beth Raban Chelo ‘Hatou). C’est une grande Ségoula pour réussir dans les affaires, avant un procès, la signature d’un contrat, un achat, une vente ou avant de prendre une grande décision…

Notre Yéchiva est surtout réputée pour ses kabalistes. Nous irons faire un tour dans la synagogue où ils étudient. Je suis moi-même spécialisé dans les Pidion Néfech. Très peu de kabalistes savent le faire. Je fais ça tous les jeudi après minuit. C’est ce qu’il y a de mieux pour libérer quelqu’un de l’emprise des forces du mal. C’est une sorte de rachat de l’âme, pour quelqu’un qui n’arrive pas à se marier, ou qui est très malade, ou qui n’a pas de Parnassa… C’est bon de le faire à l’arrivée de Roch Hachana, mais on peut le faire toute l’année. Il me faut le prénom de la personne et le prénom de sa maman. Je place sur la table 160 pièces en argent et j’invoque des noms divins tout en haut dans les sphères célestes (Sphirot Netsach et Hod) pour faire remonter les Dinim (décrets) à leur source vers la Bina où ils étaient à l’origine bons et saints et pour chasser les ‘Hitsonim forces extérieures qui nous éloignent de la sainteté et nous font du mal…».

A bon entendeur, Chalom !