VAERA
Dans Vaera, Hachem répond à la plainte de Moché en lui rappelant la foi silencieuse d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov : la délivrance mûrit au cœur des épreuves, et l’alliance se transmet par la confiance plutôt que par la polémique.
Dans Vaera, Hachem répond à la plainte de Moché en lui rappelant la foi silencieuse d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov : la délivrance mûrit au cœur des épreuves, et l’alliance se transmet par la confiance plutôt que par la polémique.
Dans Chemot, Moché voit un Hébreu frappé par un Égyptien, puis, le lendemain, tente d’éteindre une querelle entre deux Hébreux : la Torah y rappelle que la violence et la délation retardent la délivrance, tandis que la justice vraie passe par la paix entre frères.
La bénédiction de Yaacov « Que Dieu te fasse comme Éphraïm et Ménaché » enseigne que le jugement divin privilégie le bien futur : Yaacov place Éphraïm avant Ménaché au nom de la mission à venir (Josué, héritage de la Terre et Torah).
L’exil d’Égypte dura 210 ans — dix fois la valeur du Nom Hakadoch א-ה-י-ה (21) — pour réparer la vente de Yossef. Par le mérite de Yossef, qui sanctifia son regard et traça la voie de la pudeur pour tout Israël, Hachem promit à Yaacov : « Je descendrai avec toi… et Yossef posera sa main sur tes yeux », hâtant ainsi la délivrance.
Yossef est libéré à Roch Hachana et, par la grandeur de son humilité il reçoit la clairvoyance (allusion de la lettre ה) pour dévoiler que Pharaon a modifié son rêve. Pharaon a essayé lui aussi d'apparaître comme humble mais ce n'était qu'imitation. La vraie royauté vient du côté de la sainteté et de l’humilité.
La « ketonèt passim » de Yossef n’était pas qu’un vêtement : elle annonçait ses épreuves et le futur. Tissée de Noms issus de la bénédiction des Cohanim, elle protégeait Yossef et a donné à Yossef la force de résister en Égypte.
Yaacov lutte « seul » avec l’ange d’Essav, qui ne parvient pas à le vaincre et frappe sa hanche : la blessure matérialise l’attaque du yetser hara sur le « pied » de la sainteté — la fine différence entre ד (echad, Un) et ר (acher, autre). De là, l’interdit du nerf sciatique rappelle que la confusion entre kédoucha et touma se joue dans un « petit kots » (épine) : notre service doit viser seulement le Nom du Ciel. Accentuer le ד du Chema et orienter chaque mitsva « le-Chem Chamaïm » est l’armure contre Amalek-Sofek (le doute).
Yaacov épouse Ra’hel et Léa—deux sœurs—non par contradiction à la Torah future, mais par une Providence qui « déroute l’accusateur » afin que naissent, sans entrave, les douze tribus d’Israël. Comme Ruth et Boaz pour la lignée de David et du Machia’h, la sainteté peut transiter par des voies déroutantes aux yeux humains, tout en servant le dessein divin. La paracha révèle ainsi que l’humilité de Yaacov et la conduite cachée d’Hachem fondent la maison d’Israël.
Rivka ressent, dès la grossesse, la tension de deux forces opposées : Yaacov attiré par la sainteté et Essav par l’idolâtrie, et interroge Hachem sur le sens de cette dualité. Les Sages expliquent que, malgré l’opposition, tout fut créé “pour Son honneur” : même les nations servent, à leur insu, la diffusion de la Torah, comme l’illustre l’idée du Rambam. Ainsi, l’histoire humaine — parfois grandiose et opaque — finit par soutenir la mission des érudits et la lumière d’Israël.
Eliezer accepte avec simplicité la volonté divine et la mission d’Avraham ; par ce zèle droit, « la terre se contracte » pour lui et son voyage s’abrège miraculeusement. La Torah nous enseigne que eretz (terre) vient de ratzah (vouloir) : servir Dieu là où l’on est, avec ce que l’on a. De la terre et d’Eliezer, nous apprenons une foi humble, sans calcul, qui attire l’aide d’En-Haut.